dimanche 3 mars 2019

2/3/19: UNE ANIMATION AUTOUR DE L'EXPOSITION "L'EMPIRE EN BOITES " A LA MAISON DE CHATEAUBRIAND.

Comme chaque année à la fin de l'hiver, nous étions au rendez-vous, ce samedi 2 mars, à l'initiative de notre amie Dominique, à la maison de Chateaubriand située dans la fameuse vallée aux Loups de Chatenay-Malabry.
En ce moment , et jusqu'au 10 mars, s'y tient une intéressante exposition intitulée "L'Empire en boîtes": toutes sortes de petits objets personnels: boîtes , tabatières, étuis, "souvenirs" … d'un grand raffinement , y sont présentés , témoignant du goût du luxe de la nouvelle bourgeoisie  impériale aussi bien que de l'habileté et de la créativité des artisans de l'époque. Cette collection émanait de la Fondation Napoléon, qui rendait ainsi visite à la maison de Chateaubriand. Cette exposition offrait une ouverture vers un aspect moins connu de l'époque Napoléonienne.


Dans la bibliothèque : de g à dr : Jean-Marie et Michelle, Hélène et Bernard, Bénédicte, Dominique et Jacques -et votre serviteur derrière l'appareil photo. Tous anciens profs du lycée Jean Jaurès de Châtenay ou conjoints des dits.

                          UNE DECOUVERTE TACTILE  D'OEUVRES SCULPTEES !
Nous nous sommes d'abord retrouvés dans la bibliothèque de la maison pour une animation un peu surprenante autour de trois bustes sculptés appartenant aux collections de la maison : un buste de Bonaparte (auteur anonyme), un autre d'Elisa, une des sœurs de Napoléon, œuvre de  Lorenzo Bartolini. A ces deux oeuvres typiques du néoclassicisme, s'ajoutait une étonnante création contemporaine toute en angles de William Chattaway représentant Chateaubriand , datant de 1975. Il s'agissait, en fermant les yeux, de se livrer à une "découverte tactile " de ces œuvres. "C'est une pratique que l'on propose habituellement aux aveugles et mal voyants" nous a expliqué  notre animatrice-conférencière. " Proposée à des personnes qui n'ont pas ce handicap leur offre l'occasion d'un autre ressenti de l'œuvre". Il est sûr que le côté lisse des œuvres néoclassiques, comme l'aspect accidenté et anguleux du buste de Chattaway , d'un style proche du cubisme, ne pouvait qu'être perçu plus concrètement par ces palpations. Certains prenaient aussi conscience de détails qu'ils n'avaient pas forcément perçus au premier coup d'œil: les boucles d'Elisa, les plis du tissu de sa robe pour Bénédicte. Jean-Maurice réalisa au toucher que le Chateaubriand  n'avait pas de globe oculaire, et Dominique qu'il avait une bouche tombante!

Les 3 bustes.


Nos amis en pleine "découverte tactile".

Ensuite notre conférencière retraça l'évolution des relations entre Chateaubriand et Napoléon, deux personnages hors normes dont chacun admirait le génie de l'autre, et dont les relations se gâtèrent après l'exécution, sur l'ordre de l'Empereur, du duc d'Enghien. C'est à ce moment (1804)  que Chateaubriand se retira à Châtenay-Malabry et passa dans l'opposition à l'Empereur.
Après un rappel des principales étapes de la carrière de Napoléon, une présentation d'Elisa Bonaparte, vraie femme de pouvoir, qui finit par gouverner la Toscane, et une évocation des circonstances de l'exécution du duc d'Enghien, nous nous acheminâmes vers l'exposition.

Pendant l'exposé de la conférencière, notre ami Jean-Marie a semblé "décrocher" à un moment…

                                          APERCU DE L'EXPOSITION  EN IMAGES :


Nous avons d'abord découvert toutes sortes de petits objets luxueux, notamment des boîtes décorées de motifs divers, que l'on s'offrait en cadeaux. 
En bas et à droite (7) on aperçoit une vinaigrette, boite contenant une petite éponge imbibée de vinaigre parfumé, qu 'on portait en pendentif . On l'inhalait pour ses vertus vivifiantes.

Ce très joli motif est réalisé en micro mosaïque.


Ici un sujet mythologique: Leda et le cygne (Zeus).

A l'intérieur de cette boîte, on découvre un automate en or ciselé figurant un pêcheur en train de sortir un poisson. Le paysage du fond est en émail. L'eau est figurée par un tube de cristal rotatif.
le couvercle de la boîte est orné d'un trophée musical figuré sur un fond en mail bleu et entouré d'une frise de perles fines !

On offrait aussi des objets utilitaires luxueux comme ici un étui à courrier. Les femmes y cachaient des mots doux reçus… Nous avons vu aussi un précieux carnet de bal…

… ou ici un beau coffret contenant un nécessaire pour écrire en nacre et en cristal.

Ici il s'agit apparemment d'un nécessaire de couture orné d'un  délicat portrait de la propriétaire sans doute..

Ici un autre objet orné d'un portrait.
On faisait fabriquer aussi des "souvenirs", ornés du profil de la personne défunte dont on voulait honorer le souvenir, accompagné d'une mention gravée.

Un écuelle précieuse: on offrait cet objet aux femmes ayant accouché.

Nous découvrons ici un étui pour protéger la luxueuse vaisselle de table pendant les voyages.

Il est plaqué d'ébène et des variations de couleurs sont créées par de l'amboine.

On avait à l'époque une prédilection pour les scènes peintes telle que celle -ci, œuvre de Jean Louis Demane , influencé par la peinture hollandaise.

Tous les nombreux membres de la famille impériale se faisaient faire leur portrait en petit format, soit sous forme de camée, soit sous la forme d'une peinture miniature :

Portrait de Napoléon de profil "en biscuit" (porcelaine qui n'a pas reçu son décor émaillé) sur un couvercle de boîte.

Lucien Bonaparte.

Caroline Murat, reine de Naples. Portrait miniature.


Murat.
Ces portraits étaient réalisés sur ivoire, puis montés sur cadres ou sur des boîtes.

Marie Louise d'Autriche, épouse de Napoléon.

Encrier offert à Napoléon pour son anniversaire (1808) par Hortense, fille de Joséphine et épouse de Louis, frère de l'empereur et roi de Hollande. Elle figure sur le couvercle accompagnée de deux de ses fils, dont le futur Napoléon III.

Napoléon s'était fait faire à la manufacture de Sèvres, en 1807,  un service de 72 assiettes (on n'en a retrouvé qu'une cinquantaine). Elles étaient ornées de sujets militaires, de vues de Paris, d'images de résidences impériales… Le motif peint était chaque fois différent.

Napoléon utilisait aussi ces objets de luxe avec un objectif diplomatique ou politique … 

Cette tabatière ornée d'un magnifique chien en micro mosaïque a appartenu à Fédor Rostopchine, gouverneur de Moscou.

… ou pour récompenser ses fidèles : 

                                          Le bâton de maréchal de France de Masséna.
Il est en bois recouvert de velours de soie et parsemé de 32 aigles brodées en fil d'or et soie jaune, avec aux extrémités une couronne de lauriers. L'étui lui même en carton recouvert de maroquin rouge et garni de satin blanc est orné de 32 aigles dorées au fer.

Une salle évoque plus particulièrement Napoléon à Ste Hélène et le culte dont il fit l'objet après sa mort :


Reliquaire contenant une figuration du tombeau de Napoléon gardé par deux "grognards".

Figuration de Napoléon à Ste Hélène.

Il n'était pas prudent de se dire admirateur de Napoléon sous la Restauration. D' où ce type de boîtes à double fond . A droite, sous un premier fond anodin, le propriétaire cachait ce médaillon gravé représentant Napoléon.


                         Exposition à voir à la maison de Chateaubriand jusqu'au 10/3/19.

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