mercredi 21 juin 2017

17 juin -2e partie: découverte du château de l'ISLETTE, cadre des amours de Rodin et Camille Claudel.

Après notre découverte, le matin, de la Devinière, maison d'enfance de Rabelais, nous gagnons Azay le Rideau où nous devons retrouver pour le repas de midi  l'excellent restaurant "Coté cour", découvert grâce à Jacqueline et Guy Burgade lors de notre précédent déplacement en Touraine de septembre 2016.

Le restaurant "Côté cour" à Azay-le-Rideau.

Il est à deux pas de l'entrée monumentale du château d'Azay.

Des convives heureux... Photo de Jaja. Régine, on ne te voit pas, et Marcelle à moitié!
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Une autre avec Jaja - Photo de Régine.

Après ce très bon repas, nous reprenons les voitures pour gagner le château de L'Islette, à deux kilomètres, sur la route de Langeais.

DECOUVERTE DU CHATEAU DE L'ISLETTE:

Nous garons nos voitures dans un parking ombragé par de très hauts arbres.

Sur la droite quand on va vers l'entrée du château, un joli pavillon ancien attire l'œil.

L'accès au domaine de l'Islette se fait par une entrée monumentale constituée d'un porche encadré de deux pavillons carrés , le tout datant du XVIIe siècle (la date de 1638 y est gravée).

Apposée sur le mur de l'entrée, une très belle image donne envie d'aller découvrir les lieux.

Le porche franchi, on est d'abord saisi par le charme des lieux: le château, auquel on accède par un pont qui franchit l'Indre, se profile, tandis que sur sa gauche l'ancien moulin couvert de lierre, dont les pieds baignent dans les eaux vertes de la rivière, ajoute une note pittoresque. Le château n'est plus sur une île, car un autre bras de la rivière qui enserrait le site s'est asséché. Le  domaine de 30 ha s'étire simplement au bord de l'Indre.

Ce moulin comportait autrefois deux roues, une de chaque côté. Les gens dépendant de la seigneurie étaient tenus d'y moudre leur grain, moyennant redevance. Depuis l'après guerre, il sert de lieu d'habitation. Un petit café a été installé au rez de chaussée, lieu bien agréable pour les touristes de passage, surtout lorsqu'il fait chaud! On peut se promener en barque sur la rivière.

Moulin et château se reflètent dans l'Indre, mais faiblement à cette heure...

Sur le pont: coucou Jaja, Nono et Michelle!

Un groupe d'oies veille au bord de l'Indre.

Hep! Des bergeronnettes des ruisseaux, à la sous queue jaune!
En Hurepoix, je n'en ai vu que des grises!

L'heure de la visite guidée est venue: nous rejoignons d'autres visiteurs, au pied de la façade arrière du château, pour écouter la jeune guide.

Le château de L'Islette a été achevé en 1530 à l'initiative du seigneur d'alors, René de Maillé.
Mais la guide nous amène d'abord, à l'extrémité de la façade arrière, devant une paroi de briques qui correspond à ce qui subsiste d'un château antérieur. Ce mur était à l'origine une paroi intérieure de l'ancien château.

La partie de droite est ce qui reste d'une aile d'époque antérieure qui se prolongeait en direction de la rivière et formait un logis seigneurial.

On voit bien ici comment s'imbriquent l'aile ancienne, composée extérieurement de brique et de pierre, et le château du XVIe s.
En fait, bien avant encore, un fief seigneurial existait déjà ici en 1295: il appartenait à Jean Pannetier, bailli de Touraine. Ensuite la famille de Maillé fut propriétaire du domaine de 1350 à 1650.

La façade sud, sur le parc.
Le château est constitué d'un logis rectangulaire à 3 étages, flanqué de deux imposantes tours. Il a des points communs avec celui d'Azay, comme le double corps de moulures entre deux étages, les fenêtres à meneaux de mêmes proportions ornées d'une volute au centre du linteau, et le couronnement par un chemin de ronde sur mâchicoulis. Les ouvriers d'Azay auraient d'ailleurs travaillé à L'Islette. Il y avait à l'origine des douves, qui ont été comblées  au XIXe siècle, entre 1830 et 1840, par le propriétaire d'alors, Jean-Baptiste Dupuy. C'est lui aussi qui rogna les gâbles des lucarnes, et tronqua les tours , d'où aspect actuel du château.

Le chemin de ronde sur mâchicoulis .Les fenêtres du 2e étage sont toujours à linteaux.


On remarque des rainures au dessus  de la porte d'entrée principale, indices de la présence d'un pont-levis qui franchissait les douves. Au dessus de la porte, un cartouche du XVIe s finement sculpté représente le blason des Barjot de Roncée ( propriétaires après la famille de Maillé) , que soutiennent de charmants angelots. On remarque aussi à gauche la présence d'un cadran solaire du XVIII e.

Il a la particularité de marquer le décalage entre l'heure solaire vraie et l'heure solaire moyenne. Des signes du zodiaque indiquent les mois de l'année

En ce mois de juin, de très jolis rosiers dans le parc:




Nous entamons alors la visite intérieure du château:

Un coup d'œil à la chapelle d'abord, située au rez de chaussée de la tour est. La voûte sur croisée d'ogive est ornée d'un semis d'étoiles sur fond de lapis lazzuli. Les nervures des arcs sont ornées d'une frise végétale. Cette décoration date de la fin du XVIe et du début du XVIIe, et a été restaurée en 2012.

Nous passons ensuite dans la salle des gardes, qui a été dédiée à Rodin et Camille Claudel. Y sont présentés différents documents, notamment des lettres des deux artistes ayant un rapport avec L'Islette ou caractéristiques de leur relation amoureuse, fournies par le musée Rodin.


Rodin, qui avait découvert le val de Loire et ses châteaux en 1889 (il en fit de nombreux dessins) remarqua sans doute alors celui de L'Islette, dont les propriétaires recevaient des hôtes payants. Il loua plusieurs salles du château pour y travailler l'été 1890, et Camille Claudel l'y rejoignit. Ils y revinrent les étés 1891 et 1892, puis ils rompirent. Camille y revint seule plus tard.

C'est à L'Islette que Rodin en 1891 entreprit sa célèbre statue de Balzac, une commande de la société des Gens de Lettres.

Pour la réaliser, il prit pour modèle un voiturier d'Azay nommé Estanger, qui ressemblait à l'écrivain!

Ci-dessus une photographie par Rodin de la tête sculptée à laquelle il ajoute des cheveux avec un crayon, car le modèle en manquait!

Rodin sculptait ses personnages nus avant de les habiller, ce qui impliquait que le modèle pose nu. Pour qu'Estager consente à le faire, Rodin dut lui payer un louis d'or par pose.

Après la salle de garde, on accède par un escalier en vis à l'"étage noble", lieu de vie des propriétaires.
Nous avons un peu l'impression d'entrer dans l'intimité des propriétaires actuels, M. et Mme Michaud, car le château est habité: ils y vivent une grande partie de l'année, d'octobre à avril; de mai à septembre, ils se replient dans la ferme du domaine, et ouvrent le château aux touristes. L'ancien et le moderne se côtoient donc curieusement dans les appartements.

Nous visitons d'abord les chambres, situées côté ouest.

La chambre des maîtres de maison.(photo: Régine).

Une literie brodée "maison"!


Autre chambre, dans la tour ouest , dont les murs font 2m30 d'épaisseur; Camille Claudel y a peut-être dormi.(Photo: Régine).

Petite chambre d'enfants, aux murs de briques, caractéristiques de l'ancienne partie du XVe du château. (photo: Régine).

La manière de protéger les fauteuils a un certain "piquant".

La grande salle, magnifiquement décorée, est la pièce maîtresse du château. Elle fait 14 m de long sur 8m de large et 5m de hauteur. Sa décoration date du XVe siècle ou du début du XVIIe. Tout est peint: le plafond , la cheminée, les boiseries, les dessus de portes...(Photo: Guy).
Songeons enfin que Rodin a fait de cette pièce splendide son atelier lors de ses séjours estivaux!

La cheminée est particulièrement belle. Elle est ornée au centre d'une vierge à l'Enfant de l'école de Simon Vouet (XVIIe), qui a remplacé un tableau antérieur représentant St Paul sur le chemin de Damas. Sous le tableau, on peut voir un médaillon représentant une scène de chasse au bord d'un cours d'eau. Sur les côtés, sont représentées des Vertus: l'Espérance, la Foi, la justice, la force.

Le long du plafond court une frise de 27 blasons créée en 1650 par le marquis Charles de Maillé, arrière petit-fils du constructeur du château.

Jean Baptiste Dupuy, propriétaire au début du XIXes, y a ajouté, quoique roturier, le sien : un puits bien sûr! (photo: Guy).

On gagne ensuite la partie Est du château:

Coup d'œil sur la salle de bains moderne et plus que classe! (photo: Régine)

Nous découvrons la salle à manger (Photo:Guy).

A la Renaissance, se trouvait de ce côté l'appartement  de la femme du seigneur, cette pièce en constituait la chambre.(photo :Régine).

Sur la table, un buste de petite fille considéré comme un des chefs d'œuvre de Camille Claudel.

"La Petite Chatelaine" a été réalisée en 1892, à l'Islette, où Camille était revenue seule après sa rupture avec Rodin. L'artiste a fait poser la petite Marguerite Boyer, 6 ans, fille des propriétaires d'alors, 62 fois; il existe plusieurs variantes de ce buste, la différence tenant à la chevelure. Il s'agit du modèle à la natte courbée serrée.(Photo: Régine)

Dans la tour est se trouve la cuisine, bien belle aussi! (Photo: Régine).

Bien belle batterie de cuisine, à l'ancienne (Photo: Guy).

A la Renaissance, c'était la garde-robe de la femme du seigneur; de là elle pouvait accéder facilement à la chapelle, située au dessous, par un petit escalier creusé dans le mur.

Les propriétaires du château:

Après le XVII e siècle , il passa  dans les familles Tiercelin d’Appelvoisin et Barjot de Roncée.

A l’époque de la Révolution, le château appartenait à Charles Tiercelin d’Apelvoisin, député aux Etats généraux de 1789, qui mourut sur l’échafaud en 1793.

Il fut vendu sous le Premier Empire, et plusieurs propriétaires se succédèrent au XIXe siècle.

L’Islette fût classé Monument Historique par arrêté du 15 novembre 1946.

Au milieu des années 60, le château fit l'objet, par Pierre et Madeleine Michaud, parents des actuels propriétaires, d'une importante campagne de restauration.

Le château a été ouvert au public en 2010.


La visite guidée était terminée. Libre à chacun d'aller faire un petit tour dans le parc. Pendant que certains sont allés lire les lettres d'amour entre les artistes suspendues dans une allée du parc, d'autres se sont baladés le long de l'Indre, d'autres enfin sont allés prendre un rafraîchissement dans l'ancien moulin.

D'autres vues dans le parc:

                                                         Le château vu du fond du parc.

                                   Une petite princesse est passée dans le décor: un fantôme?

La ferme (sans doute celle où les propriétaires se replient à la saison touristique).Il paraît qu'il y a par là  des lapins et des poules, et plus loin âne, ponette et moutons. Bah, on n'a pas tout vu!

Tiens, un théâtre de verdure.

                                              Le manoir vu d'une courbe de l'Indre.                                       

Autre vue du château.

Mais qui qu'est là, en train de prendre du bon temps sous un parasol?

Ce ne serait pas la bande à Jaja par hasard ?

Mais avant que chacun ne s'égaye, on avait pris soin de prendre, bien sûr, la photo officielle!



A LA PROCHAINE FOIS!

Prochaine sortie le 1er juillet au DESERT DE RETZ à Chambourcy (78).

Voir ou revoir la visite du matin (La Devinière):
voici le lien: