mardi 11 février 2020

30/1/2020 : Retour à la maison musée Raymond Devos à Saint Rémy les Chevreuse avec Didier, ami de jeunesse.

Après un délicieux repas à la Giostra, la pizzeria proche de la gare, connue lors de ma première venue avec le Hurepoix's band, j'ai revisité la maison musée de Raymond Devos avec Didier.

Bon, benh évidemment, on l'a faite celle -là !

                                   Une grande maison bourgeoise transformée en musée.
     Au 10, rue de Paris, à Saint-Rémy les Chevreuse, on découvre un grande maison bourgeoise où Raymond Devos a vécu avec son épouse Simone de 1962 à sa mort, en 2006. Elle surplombe un terrain en pente qui rejoint, en contrebas, le cours de l'Yvette. Devenue une maison-musée, elle est gérée par une fondation privée. Une association des Amis de Raymond Devos a été créée: elle se charge de faire visiter les lieux. 

Il ne faut pas s'attendre ici, comme souvent dans les maisons d'écrivains ou d'artistes
, à simplement découvrir le cadre intime de la célébrité disparue. Cela aurait eu pour nous, ses contemporains, un intérêt limité. C'est un véritable musée qui a été installé à l'intérieur, au décor en rouge et gris foncé rappelant l'univers du théâtre, et doté d'installations vidéo sophistiquées. Tout est axé sur la vie mais surtout sur l'activité artistique de l'ancien occupant des lieux. "C'est le premier musée consacré à un artiste de music-hall", nous fait remarquer notre guide. La muséologie est raffinée et efficace. C'est la première surprise du visiteur.                                

                                      Au rez de chaussée:
 Nous  avançons d'abord dans un petit couloir aménagé consacré aux récompenses reçues par Raymond Devos au fil de sa vie, à commencer par son diplôme de certificat d'études : c'était un très bon élève, ses bulletins scolaires , également exposés, l'attestent. Les difficultés financières de ses parents, en charge d'une famille nombreuse, l'ont obligé à travailler tôt, il n'a pu poursuivre ses études, mais a toujours eu une grande soif de savoir. Suivent les  médailles et récompenses nombreuses reçues, et notamment les deux Molière qui lui ont été décernés.

Dans l'ex salle de séjour, une vidéo évoque la vie et la carrière de l'artiste.

On parvient ensuite à ce qui était la salle de séjour, donnant sur la propriété. La bibliothèque, garnie des ouvrages qui s'y trouvaient de son vivant, est toujours là. . Et voici que se déclenche une video, qui passe en revue les principales étapes de sa vie et de sa carrière.Sur des étagères, objets et souvenirs sont également exposés, comme cette main en plâtre de Victor Hugo qu'il avait toujours sur son bureau (un don du directeur d'un théâtre de Besançon). Sur le mur de gauche, un autre écran s'anime : cette fois c'est une série de savoureux sketches courts qui défilent sous nos yeux. Raymond Devos, par la magie des images, est de nouveau avec nous, en ce lieu.
Nous nous dirigeons vers l'escalier qui donne accès à l'étage. Au pied de celui-ci, est reconstituée sa loge, avec tous les objets qu'elle comportait, comme sa boîte à nez rouges, son parfum Roger et Gallet, la poudre dont il plâtrait son visage , à la manière des clowns...

                                      A l'étage:
A l'étage, un  espace (ayant remplacé une chambre) est consacré aux multiples instruments de musique qu'il possédait et dont il jouait. Pas moins de 17 instruments! Appuyez sur une touche du piano, cela fait apparaître sur le mur une image de lui jouant de l'instrument indiqué sur la dite touche! Magique, on vous dit! Au même étage, on découvre son bureau, une des rares pièces de la maison laissées en l'état, avec tous ses objets familiers.


Dans la salle des instruments de musique.

Le bureau de Devos, resté en l'état.

Montons au 2e étage: dans une quasi obscurité voulue par le muséologue, on devine, protégée par un filet aux fines mailles, une véritable caverne d'Ali Baba, une accumulation d'objets chers à "Raymond ": son train électrique, acheté à la Samaritaine à 23 ans; un petit théâtre miniature; sa collection de chapeaux; des instruments de musique encore, et bien d'autres objets. Surprise: la voix de Devos se fait entendre, qui évoque successivement les divers objets contenus dans ce lieu, tandis qu'au fil de son discours les objets mentionnés sont éclairés par un projecteur. Raffinée la muséologie, disions nous!
Au 2e étage, un vrai capharnaüm. On aperçoit son train électrique, un de ses costumes et bien d'autres objets.

Ici, son petit théâtre (photo: Claude).

Et la visite se termine dans une salle video où sont projetés ses meilleurs sketches !
Omniprésent, Raymond Devos l'est dans ce lieu qui veut transmettre son œuvre. C'est émouvant.

Le visiteur quitte la maison, enchanté. A l'extérieur, Raymond nous fait encore un petit coucou par la fenêtre. Comment résister à une photo en sa compagnie. On peut terminer par un petit tour de parc jusqu'au bord de  l'Yvette et retour. Au passage, on s'amuse de ses bons mots disséminés un peu partout dans la propriété.

La maison vue des bords de l'Yvette.

Raymond vous fait un petit coucou!


Drôles de fleurs dans les bacs: les bons mots de Raymond.

Tour de jardin. Au fond, l'Yvette.

Encore une fleur de son esprit…Photo: Claude.

Ah bien! Encore mieux celle-là! Deux clowns se rencontrent !





lundi 10 février 2020

9/2/2020: A LA DECOUVERTE DU MUSEE DE LA TOILE DE JOUY A JOUY EN JOSAS.

Grand plaisir à retrouver plus d'amis que prévu ( il y a eu quelques petites erreurs de communication) au musée de la toile de Jouy par cette journée très venteuse. Nous étions finalement 19, et nous aurions été 21 si Simone et Josette ne s'étaient pas trompé de date ( elles étaient au rendez-vous, mais… samedi! Elles ont dûment visité le musée tout de même… ).
Etait présent le noyau dur des anciens profs du lycée Jean Jaurès de Chatenay-Malabry, et  parfois leurs conjoints ou amis, c'est à dire: Jeanine, Michèle P, Dominique et Jacques, Jean-Marie et Michelle, Florence et Claude , leurs amies Jacqueline et Sylvie, Bénédicte  et bien sûr moi-même. Etaient également là  Janine , ancienne prof de Lettres et une amie de plus de 40 ans, et son compagnon Norbert. Nos amies Ulissiennes Odile et Francine s 'étaient jointes à nous cette fois encore. Et  Valérie Loriot, comédienne , qui a déjà participé à certaines de nos sorties, sa sœur Pascale  et son beau frère Olivier, nous avaient fait le plaisir de leur présence. Nous étions dans un groupe de visites ouvert aux individuels, et donc plusieurs personnes ont suivi la conférence avec nous.
Et d'abord, la traditionnelle photo souvenir, prise cette fois dans le musée même, en raison des intempéries.

De g à dr Jeanine (un peu cachée), Jacqueline, Dominique, Norbert, Janine, Michelle, Jean-Marie, Francine, Olivier, Odile, Valérie, Bénédicte, Pascale, Michèle P., JM, Sylvie, Florence (assise), et Claude. (profs de JJ en caractères gras).

Tout à fait à droite, Jacques , qui prenait la première photo.


* Le  musée de la toile de Jouy est installé depuis 1991 au château de l'Eglantine, sis au n°54 de la rue Charles de Gaulle à Jouy en Josas. Créé en 1972, ce musée se trouvait auparavant au rez de chaussée du château de Montebello, aux Metz, un quartier de la commune.
Ce musée municipal veut entretenir le souvenir de l'épopée industrielle de  Christophe-Philippe Oberkampf qui en 1760 créa à Jouy une importante manufacture de toiles imprimées.

                                    LE CHATEAU DE L'EGLANTINE:


Il date de 1891-1892, date à laquelle il remplaça un édifice antérieur. François Certain de Canrobert, maréchal d'Empire, avait auparavant habité ce lieu. Il se compose d'un corps central à un étage, flanqué de deux pavillons au toit d'ardoise dissymétriques. L'un est arrondi , "à l'impériale", l'autre est rectiligne. Le musée de la toile de Jouy s'y installé en 1991. Une extension en verre et métal (non visible ci- dessus) y est alors ajoutée. Ce château n'a pas de rapport avec la manufacture d'Oberkampf dont les bâtiments ont aujourd'hui disparu pour la plupart.

Devant le château, un parterre de fleurs en bandes verticales évoque les toiles mises à blanchir dans les prés avoisinant les bâtiments de la manufacture créée à Jouy par Oberkampf en 1760.

Dans le château, on peut admirer un joli plafond circulaire en verre qui donne une idée de la qualité de sa décoration intérieure d'origine.

 A LA DECOUVERTE DU MUSEE :
On y découvre l'histoire de la manufacture d'Oberkampf et de la toile de Jouy, les étapes de la fabrication d'une toile, les différents procédés d'impression, la variété des motifs imprimés, les différentes utilisations de la toile de Jouy (décoration, ameublement, vêtements…). Il permet de mesurer le goût persistant, à travers le temps, pour la toile de Jouy.
Au départ existait un petit fonds conservé à la mairie, qui s'est enrichi grâce aux dons des descendants d'Oberkampf, puis par des achats. Aujourd'hui le musée possède 7000 pièces différentes présentées par roulement. A la collection permanente s'ajoutent régulièrement des expositions temporaires sur des thèmes divers.

La manufacture.

                                                          La manufacture d'Oberkampf.
   Ce tableau immortalise la visite de Napoléon 1er à la manufacture le 20 juin 1806, au cours de laquelle celui-ci remit la légion d'honneur à l'entrepreneur.

 Créée en 1760, la manufacture fut d'abord installée par Oberkampf dans un bâtiment appelé la "maison du pont de pierre". Peu à peu, elle comporta de nombreux bâtiments construits sur un terrain de 14 hectares comportant des prés où l'on faisait blanchir les toiles (comme on le voit sur l'image). Le site avait été choisi en raison de la proximité de la Bièvre, connue alors pour la pureté de son eau, nécessaire aux lavages successifs. De plus, sa situation à mi chemin de Versailles et Paris  assurait à l'entrepreneur une clientèle importante. Selon les époques de 800 à 1600 ouvriers y travaillèrent. Jusqu'à 30 000 pièces par an y furent confectionnées. A son apogée, la manufacture fit partie des 3 plus grandes entreprises françaises. En 1783, elle avait été érigée au rang de manufacture royale.

                                                                   Oberkampf.

Portrait de Christophe Philippe Oberkampf.

Né dans le Wurtemberg (Allemagne), Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815) appartenait à une famille de teinturiers protestants. Il apprend dès 12 ans le métier d'"Indienneur" (impression de motifs sur toile de coton). A 20 ans , il travaille à Paris comme simple ouvrier , et c'est à 22 ans qu'il installe un premier atelier d'impression sur toile de coton à Jouy en Josas;

.Les cotonnades indiennes avec impression de motifs colorés de fleurs ou d'animaux avaient été découvertes en France dès la fin du XVIIe siècle grâce aux Grandes Compagnies qui les importèrent. Importation et vente furent bientôt interdites par Louis XIV à la demande notamment des soyeux lyonnais car elles leur faisaient concurrence. En 1759, l'interdiction fut levée, ce qui permit à Oberkampf de se lancer dans la fabrication de toiles imprimées inspirées de ces indiennes. Ces toiles imprimées eurent un grand succès , car les couleurs résistaient au lavage.

Oberkampf se fit naturaliser français. Il fut aussi après la Révolution le 1er maire de Jouy de 1790 à 1793. Vers 1815 s'amorce un déclin dû à la baisse de la demande liée à la concurrence. Après sa mort, ses héritiers (son neveu Samuel, puis son fils Emile) n'arriveront pas à enrayer ce déclin et la manufacture ferme en 1843. Les bâtiments furent peu à peu détruits. Il ne reste plus que la "maison du pont de pierre", devenue le conservatoire de musique, et une partie d'une autre bâtisse. Oberkampf est enterré dans le parc de sa propriété, le domaine de Montcel, la tombe située dans le jardin de la maison de pierre n'étant qu'un cénotaphe, selon ses descendants.

Découvertes.

Découverte des étapes de la confection d'une toile de Jouy dans l'extension moderne du musée, sous la houlette d'une guide ultra performante ...

La confection d'une toile de Jouy est un processus complexe qui comprend pas moins d'un dizaine d'étapes, détaillées sur une paroi du musée. Préparation de la toile, impression, blanchissage sur prairie, s'accompagnent de nombreuses autres opérations. On découvre aussi les 3 procédés utilisés pour l'impression: sur plaque de bois ( procédé le plus ancien) , sur plaque de cuivre, ou au  rouleau: cette dernière invention permit une production plus abondante et moins chère, et donc permit de démocratiser la toile de Jouy. Plusieurs procédés pouvaient être combinés.

Nos amis sont très attentifs, Jeanine au premier rang, qui, comme toujours, fayote avec la guide… (non, je veux dire: marque son grand intérêt pour la visite).

Janine et Valérie découvrent un univers insoupçonné.

Florence, elle, est-ce l'effet de la pastille rouge sur son front?- semble en appeler à Bouddah dans cette épreuve.

 On apprend aussi que les colorants utilisés étaient d'origine naturelle. A l'origine , l'association entre le bleu indigo (venu d'Afrique ou d'Inde) et le rouge (produit par la garance) dominaient, puis les couleurs se diversifièrent. Plus tard, le neveu d'Oberkampf, Samuel, inventera un premier procédé chimique qui sera introduit dans la fabrication.

Des colorants naturels.


Tenture utilisant le bleu indigo et le rouge (garance).

Au fil de la visite on découvre aussi toute la variété des motifs imprimés, et leurs différentes applications , que ce soit à la décoration, à l'ameublement, ou à la mode. 30 000 motifs furent créés au fil des 83 ans d'activité de la manufacture. Les plus réputés sont les scènes pastorales ou de menus plaisirs , pour lesquelles Oberkampf fit appel notamment à Jean Christophe Huet, peintre de la Cour. Les motifs floraux, inspirés des Indiennes, étaient aussi très prisés. Avec l'emploi des rouleaux, les motifs géométriques furent davantage utilisés. D'autres motifs apparurent en fonction des modes du moment , telles que les chinoiseries , le goût de l'antique, ou encore les thèmes provençaux...

Toile historiée : ici elle évoque un fait divers. Des paysans sont en train de crever un ballon dirigeable tombé dans un champ, qu'ils prennent pour une invention du diable.

Thème de la chasse.

Louis XVI découvrant la mer...

Motifs chinois.

Goût de l'antique.

Robes aux motifs floraux.

L'exposition temporaire montrait , elle, notamment, à quel point la toile de Jouy est reprise dans la mode, jusque chez les créateurs d'aujourd'hui.


Jacques a bien tenu le coup, il ne s'est pas endormi cette fois. Il est vrai que dormir debout est plus compliqué.


A la découverte de l'exposition temporaire.

A un moment donné, on avait perdu Jaja. On l'a découverte en peine débauche photographique parmi les belles robes.

UN PETIT PLUS:

J'ai eu l'occasion d'aller voir la première maison d'Oberkampf , avec la "tombe" dans le jardin, ainsi que   le domaine du Montcel, où il résida ensuite. Je vous en fais profiter. 

La maison du pont de pierre, où le jeune Oberkampf, âgé de 22 ans, installa son premier atelier, existe toujours au 1 rue Montcel. La Bièvre passe aux pieds de la demeure. Il l'habitera un an.

On aperçoit dans le jardin de cette maison la stèle de l'entrepreneur, accompagnée d'autres stèles de membres de la famille. Mais d'après ses descendants, il n'aurait pas été enterré ici - ce ne serait qu'un cénotaphe - mais dans le parc de sa propriété, le domaine du Montcel, situé juste en face.

Une vue de la propriété d'Oberkampf. Il acquiert en 1795 ce domaine de 14 hectares qui était autrefois un fief appartenant, jusqu'au XVIe siècle, à l'abbaye de Saint Germain des Prés. Il abritera au XXe siècle une école privée, puis la fondation Cartier. Il vient d'être acquis par une société qui veut y accueillir séminaires et événements.

Vue du château du Montcel, actuellement en travaux (15/12/19) ; sa façade s'allonge parallèlement à la Bièvre.


PROCHAIN RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 14 MARS AU CHATEAU DE THOMERY SUR LES PAS DE LA PEINTRE ROSA BONHEUR !
A BIENTOT !

samedi 25 janvier 2020

18/1/2020: A LA DECOUVERTE DE L'EXPOSITION SUR LOUISE DE VILMORIN A LA MAISON DE CHATEAUBRIAND - Châtenay-Malabry.


Louise de Vilmorin.

Grand plaisir, après deux mois d'interruption, à retrouver en cette journée froide mais ensoleillée certains des amis du Hurepoix’s band pour suivre la visite guidée de cette expo, qui s’est avérée agréable et intéressante. Après quoi, on s’est attardé un  moment ensemble sur le site, certains assis pour papoter à une table extérieure du salon de thé (malheureusement fermé en ce moment), d'autres allant à la découverte du parc.
Nous étions finalement 15.
Le noyau dur des anciens profs du lycée Jean Jaurès à Chatenay-Malabry (et de leurs conjoints ou amis) avait répondu présent : Dominique, l'initiatrice de la sortie, et Jacques, Jean-Marie et Michèle F, Florence et Claude, et leur amie Sylvie, Jeanine, qui nous a amenés Michèle P., Bénédicte, venue avec la responsable de la bibliothèque de son lycée, et moi- même. Parmi nous 4 profs de Lettres anciens ou actuels: Dominique, Bénédicte, Florence et moi. Bénédicte, qui a travaillé sur Louise de Vilmorin avec sa classe de 1e, avait fortement poussé à la réalisation de cette sortie. Nous ne le regrettons pas! Se sont ajoutées à ce socle très professoral trois amies du groupe des amis du parc Nord des Ulis: Francine, Odile, et Michèle L, cette dernière également ancienne enseignante et anciennement chatenaysienne ! 3e participation à nos sorties pour Francine et Odile, et la 1ère pour Michèle L...

 De gauche à droite: Jeanine, la bibliothécaire du lycée de Bénédicte, Bénédicte, Michèle et Jean-Marie F, Odile, Michèle P, Francine, Dominique, Florence, Claude, Sylvie, Jacques, JM, et Michèle L.
                                                                  LA VISITE:

                                  
 Redécouvrir l'oeuvre au delà de la personnalité mondaine.

C'est à l'occasion du 50 e anniversaire de la mort de Louise de Vilmorin (1902 - 1969)  que cette exposition a été montée à la maison de Chateaubriand en octobre 2019. Elle sera visible jusqu'au 15 mars 2020. Intitulée "Une vie à l'œuvre", elle se donne pour ambition de faire découvrir  l'œuvre peut-être un peu méconnue de Louise de Vilmorin, au delà du souvenir qu'elle a laissé à ses contemporains, celui d'une femme élégante, mondaine et séductrice.
Il est assez logique qu'une telle exposition ait été montée à la maison de Chateaubriand, située dans la commune voisine  de Verrières le Buisson, où se trouve le château familial de l'écrivaine. Il faut savoir aussi que dans la 1e moitié du XXe siècle, la maison de Chateaubriand, comme le château de Louise par la suite, fut un lieu de rencontre littéraire et artistique, qui accueillit Colette, Paul Valéry, Edouard Herriot par exemple.


Lors de la visite guidée de l'exposition.

 Une promenade dans la vie de l'écrivaine.
L'exposition, répartie dans 3 pièces différentes est en fait structurée en fonction de la biographie de l'auteur. On découvre d'abord sa famille, puis le fil de son existence de façon chronologique, et enfin ses dernières années. Il s'agit donc d' une sorte de promenade pas à pas dans la vie de l'écrivaine. Et à chaque étape, ses créations littéraires  et ses activités de plume diverses nous sont révélées, clairement replacées dans leur contexte.

              Affiche de la société Vilmorin: on pratiquait déjà les jeux sur les mots dans la famille.

Sa famille.
Tout le monde a entendu parler des graines Vilmorin. Elle était très fière de son père, grand botaniste, homme de culture et entrepreneur ambitieux. Une mère belle mais peu aimante, quatre frères qu'elle adorait, une sœur avec qui elle ne s'entendait pas (et qui épousera un cousin de Toulouse Lautrec):voilà le contexte familial. Elle se réfugie dans la lecture, et commence à composer des poèmes. Jeune, elle est de santé fragile. Un arthrite tuberculeuse de la hanche l'obligera à rester 3 années alitée à partir de 1919. Elle en gardera une légère boiterie.

Ses parents.

Louise et ses 4 frères, qu'elle adorait. Ils vivront avec elle au château de Verrières quand elle s'y installera.

    Elle symbolisait leur entente par un trèfle à 4 feuilles dont elle était la tige.

Les hommes de sa vie.
Au fil de la visite, on découvre les nombreux hommes de sa vie : après avoir été fiancée à Saint Exupéry, avec lequel sa mère lui imposa de rompre, car trop peu fortuné, elle épouse en 1925 un américain. De cette union naissent trois filles, qu'elle néglige à son tour. Elle s'ennuie. Elle a une brève liaison avec Malraux. Elle divorce finalement en 1937. Par la suite, elle  épouse un comte Hongrois: période heureuse mais courte: il la trompe. Nouveau divorce deux ans plus tard. Elle vit ensuite au palais Borghèse, résidence de l'ambassadeur de Grande Bretagne, dont elle est la maîtresse. C'est alors un tourbillon de mondanités. Dans les années 60, elle renoue avec Malraux, elle vit avec lui au château de Verrières, qu'elle a réinvesti. Il y restera après sa mort.

Louise à l'époque de son premier mariage.


Buste sculpté de Louise de Vilmorin.

De la vie à l'œuvre.
Certains d'entre eux ont un rôle moteur par rapport à son activité d'écrivain: ainsi Malraux, qui lui suggère d'écrire pour se désennuyer. Sainte une fois, son premier roman, paraît chez Gallimard en 1934. Ou encore Cocteau, qui l'encourage, séduit par ce premier roman. Elle écrit alors La fin des Villavide et plusieurs poèmes. Elle noue une amitié et entretiendra une abondante correspondance avec celui dont elle dit "C'est le premier homme qui m'ait fait confiance". Sa relation avec Saint Exupéry nourrira plus tard les poèmes du recueil Fiançailles pour rien. La période hongroise lui inspire Le lit à colonnes, un 3e roman et des poèmes, réunis dans Le sable et le sablier. Pendant ses "beaux jours" au palais Borghèse, elle écrit Retour d'Erica (1946) et plusieurs poèmes. Retrouvant Jean Hugo en 1948, elle entame avec lui une correspondance: elle lui écrira une lettre par jour. C'est Jean Hugo qui l'encourage à composer des vers, des holorimes, palindromes et calligrammes, ce qui donnera l'Alphabet des aveux (1954) admiré des surréalistes. Dans les années 50, Julietta, composé chez Jean Hugo, et Madame de... lui apportent la consécration. D'autant que ces deux romans seront adaptés au cinéma. Elle écrit aussi les dialogues du film de Louis Malle, Les Amants. A partir de 1954, elle rédige aussi des articles pour Vogue et Marie-Claire, sur des sujets divers: la mode, les voyages...Elle se lance dans une biographie de Chanel. Après 1960, retirée à Verrières, elle publiera encore L' heure maliciôse (1967) et des poèmes. Ils paraîtront dans le recueil posthume Solitude, ô mon éléphant (1972). Louise est enterrée dans le parc du château de Verrières, près du banc où elle venait souvent méditer.
Calligramme.

Un poème de l'époque.

Portrait de Louise par Jean Hugo.



De nombreux documents et objets à découvrir.
On peut découvrir au fil  du parcours de nombreux documents, manuscrits, photographies, affiches, tableaux, sculptures et objets divers qui proviennent d'archives publiques (par exemple de la bibliothèque nationale) et de fonds privés. Dans la dernière pièce de l'exposition, quelques éléments d'ameublement rappellent le salon bleu de Verrières, où Louise de Vilmorin recevait le Tout Paris de l'après guerre , après s'être installée définitivement  dans le château familial.


Louise de Vilmorin dans le salon bleu de Verrières.

* D'ici le 15 mars 2020, plusieurs animations sont proposées dans le cadre de cette exposition.
Se renseigner sur le site de la maison de Chateaubriand :
http://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr/louise-de-vilmorin-une-vie-a-l-oeuvre

                                                               APRES LA VISITE:


Petit moment de retrouvailles autour d'une table du salon de thé, tandis que certaines amies découvrent le parc.

Au loin, l'horizon pâlit, le soleil va se coucher.

PROCHAIN RENDEZ-VOUS: le dimanche 9 FEVRIER POUR UNE VISITE GUIDEE DU MUSEE DE LA TOILE DE JOUY A JOUY EN JOSAS. A bientôt!