lundi 21 septembre 2015

19/9/15 : 1e partie: découverte du parc du château de MEREVILLE, Essonne.

Encore une belle journée de balade et de découverte, qui nous a emmenés de Méréville au château du Marais, puis dans le parc du château de Bruyères le Chatel exceptionnellement ouvert.
 
 * 1e partie (matin): visite du parc à fabriques du château de MEREVILLE (Essonne).
 
Le fameux parc à fabriques créé au XVIIIe siècle par le marquis de Laborde , le plus beau d'Europe en son temps, que le département  de l'Essonne a acquis et qu'il s'emploie à réhabiliter, car il avait été laissé à l'abandon par ses derniers propriétaires, est enfin accessible au public plus régulièrement. Plusieurs visites guidées y ont été organisées en juillet et aout, et  lors des Journées du Patrimoine. On peut , si l'on forme un groupe, s'adresser pour une visite à l'office de tourisme d'Etampes (tel 0169926900). Pour notre part, nous avons profité de la Journée du Patrimoine du samedi 19 septembre pour le découvrir.
 
 
La visite guidée commence. Nous devions être 20, mais pas moins de 6 défections se sont produites in extremis, pour raisons de santé notamment. Elles ont été en partie compensées par la venue d'amis d'amis, et nous nous sommes retrouvés à 15. Heureusement, la visite était gratuite, donc pas de conséquences. Du coup des personnes non inscrites ont pu se joindre au groupe et le compléter.
 
(De g à dr, outre notre charmante guide, on reconnaît : Philippe, ami de Michèle et Henri de Gometz la Ville, qui nous a rejoint pour la 1e fois, Marcelle, Régine, un visiteur inconnu, Catherine (amie de Michèle de Verrières le B, première participation aussi), Michèle (épouse de Jean-Marie), Michèle de Verrières, Michèle de Gometz, Josette (amie de Simone) Marie-Claude, Florence et Claude... Simone n'est pas sur la photo.
 
 
Nous découvrons tout de suite, à droite de l'entrée et en surplomb, le château. Volets fermés et vidé de son contenu paraît-il, il a l'air cependant intact. Construit en 1768 pour Jean Delpech, un conseiller du roi, sur les ruines d'un ancien château médiéval, il a été acquis en 1784 par Jean Joseph Laborde, obligé de céder son château de La Ferté Vidame au duc de Penthièvre, qui lui même avait dû céder Rambouillet à Louis XVI. Laborde, qui a acquis une immense fortune grâce au commerce transatlantique, et qui fut fermier général (1759-1767) , devient marquis en compensation. Il fait remanier le château par Jean-Benoît-Vincent Barré l'architecte par exemple du château du Marais (Essonne). Laborde y tint salon, jusqu'à sa mort sur l'échafaud en 1794. Son épouse récupéra le château en 1796. Elle y reçut ainsi Chateaubriand, pour qui le domaine de Méréville était "un oasis romantique",  où il retrouvait Natalie de Noailles, la fille de Laborde, sa maîtresse d'alors. Mme Vigée-Lebrun par exemple y vint aussi.
 
 
Depuis le château, on peut contempler en contrebas le vallon, d'une superficie de 90 hectares, parcouru par les méandres de la  Juine , dont le cours a d'ailleurs été détourné par Laborde.Il fit réaliser dans ce site, par 400 ouvriers, un parc à l'anglaise, orné de nombreuses fabriques décoratives. Il eut recours à deux architectes successifs : François-Joseph Bélanger, l'architecte de Bagatelle et de la Folie Saint-James, qui fut ensuite remplacé par Hubert Robert. Celui-ci concevait ses créations comme des tableaux, qu'il peignait d'ailleurs avant de les réaliser concrètement.
 
 
La visite se poursuit en descendant au fond du vallon.
 
 
On y découvre une première rocaille artificielle, qui dissimule l'entrée d'une glacière.
 
 
Nous en sommes tout ébaubis.
 
 
Le pont de roches: c'est une des fabriques encore en place. Il a été conçu par François-Joseph Bélanger. Ici une belle perspective a été créée, avec le château en arrière plan.
 
 
 Le pont de roches s'est enfoncé dans le sol par rapport à sa conception initiale , de même que les grottes adjacentes, ce qui provoqua le renvoi de Bélanger!
 
 
Vue rapprochée.
 
 
On constate aussi la présence de blocs de grès apportés de Fontainebleau, aux formes noueuses.
 
 
                                                                 Hep! Ca mitraille!

                                            Photo de Michèle G (la Michèle de Verrières).
 
...de tous les côtés. Tiens, le GO, au fond!
 
 
Il manque l'étage supérieur du moulin du pont, de conception monumentale et très classique , à l'antique, imaginé lui aussi par Bélanger. La partie haute a brûlé en 1980. Laborde et sa femme venaient parfois habiter l'étage.
 
 
Notre charmante guide nous montre une représentation du moulin tel qu'il était à l'origine.

 
Près du moulin, ce qui reste de sa roue à aube.
 
 
Une curiosité: des déchets métalliques de hauts fourneaux sont incrustés dans les murs du moulin comme éléments décoratifs.
 
 
Ce pan de mur enfermé dans des échafaudages est tout ce qui reste du colombier . Il devait appartenir à un ensemble comportant une ferme.

 
Voici à quoi ressemblait l'élégant colombier conçu par Hubert Robert.
 
 
Nous voici maintenant devant ce qui reste d'une des fabriques d'Hubert Robert : la laiterie.
 
 
Il ne reste que la partie arrière, constituée d'une grotte. La façade a été transportée dans le parc de château de Jeurre. A la fin du XIXe siècle, lors d'une liquidation des biens, le comte de Saint-Léon, propriétaire de Jeurre , a acquis plusieurs fabriques de Méréville (la laiterie, le Temple de la Piété Filiale, la Colonne Rostrale, le Cénotaphe de COOK,  la fontaine au mufle de lion) et les a installées dans le parc de son château, où l'on peut toujours les voir (voir notre article sur Jeurre: http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/07/le-chateau-de-jeurre-morigny-champigny.html  ). 

 
Notre guide montre ici une reproduction de la façade de la laiterie qui se trouve à Jeurre.
(Tiens on aperçoit à droite Simone qui avait échappé à la première photo...)
 
 
Sur cette photo prise à Jeurre, on aperçoit la façade de la laiterie d'Hubert Robert qui a été transportée là.
 
 
A l'arrière de la façade, avait donc été construite à Méréville une grotte (qui n'existe pas à Jeurre), refuge à la fraîcheur bienfaisante, qui communiquait avec plusieurs petites pièces. L'espace situé ci - dessus en arrière plan était occupé par le lac, aujourd'hui en grande partie asséché. A l'époque, comme à Jeurre aujourd'hui, la laiterie se reflétait donc dans le miroir d'eau qu'il constituait.
 
 
Une vue du lac à proximité, en grande partie asséché et envahi par la végétation. Il serait question de le réhabiliter.
 
 
Ici notre guide nous montre une vue de la grande cascade créée par Hubert Robert dans une partie du parc qu'on ne visite pas. Elle correspondait au goût du "sublime" de la fin du XVIIIe siècle. Elle n'existe plus.
 
 
Nous entreprenons la traversée du vaste parc : le château se dresse à nouveau en surplomb au fond du décor.

 
Au passage, on peut apercevoir différents ponts, en piètre état aujourd'hui, et parfois impraticables.
Il y a une vingtaine de ponts, tous différents.

 
Une autre vue du château : au premier plan, la Juine traversée par le pont.
 
 
Un autre pont va nous permettre de traverser une bras de la Juine.


                                                                           Sur le pont.

 
Nous parvenons devant une sorte de chaos rocheux entièrement artificiel. 
 
 
Les roches accrochées à la pente ont été apportées sur le site; on retrouve ici des grottes artificielles , qui forment un couloir rocheux le long de la pente. L'idée d'un tel aménagement aurait été inspiré à Laborde par sa jeunesse pyrénéenne, au pays basque. Les visiteurs peuvent apercevoir subrepticement, sur ces hauteurs, des chevreuils.

 
Ici, poésie des ruines oblige, deux départs de pont volontairement inachevés sont observables de chaque côté de l'entrée de ce petit val. A l'origine, une passerelle reliait les deux côtés...

 
... comme on le voit sur ce tableau d'Hubert Robert.
 

                                                           Visite du couloir rocheux.

 
Des ouvertures permettaient de "cadrer", pour l'observateur, des visions successives du parc.
 
 
A certains endroits, la galerie est encore tapissée de "cailles", ces galets ronds incrustés qui couvraient aussi les allées du parc à l'origine.
 
 
Nous avons gagné ici le sommet de la colline aux rochers.Un plan général du site permet au visiteur de se repérer.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
 
 
Vue générale depuis le sommet de la colline. A l'horizon se profile la tour Trajane, inspirée par celle de Rome.
 
 
Un château (postérieur à l'époque de Laborde) et la tour Trajane, conçue par Hubert Robert (33 m de haut, 199 marches à monter pour parvenir au sommet) ferment la perspective à l'autre bout
du parc. La tour était installée dans le "petit parc" de 10ha qui complétait le domaine sur le plateau dominant la vallée de la Juine. 8 autres fabriques y avaient été édifiées. Une zone aujourd'hui construite. 

 
Sur la colline, on peut observer la trace de l'emplacement du temple de la Piété filiale, aujourd'hui à Jeurre. D'abord placé en bas, près des grandes cascades, il s'enfonçait dans le sol meuble. Il a alors été réinstallé au sommet de la colline.
 
 
Le temple de la Piété filiale, à Jeurre. Magnifique construction à l'antique, dédiée à Natalie, la fille de Laborde. Il contenait à l'origine un buste d'elle, réalisé par le grand sculpteur Pajou.
 
 
Toujours sur les hauteurs, un peu plus loin, on a une vue plongeante sur l'ancien potager de Laborde, compartimenté par des murs destinés à accueillir des arbres en espaliers. Au fond, ce qui reste de la maison du jardinier en chef.
 
 
Une vue du potager encore en activité.
 
 
Nous redescendons en direction du château.
Ce curieux édifice est la maison de la pompe qu'actionnaient des chevaux.
 
 
Un peu plus loin, nous découvrons une orangerie et la ferme suisse (composée d'une vacherie et un colombier) édifiés en 1824 par le comte de Saint-Roman, un des propriétaires du domaine après les Laborde, qui a tenté de  lui redonner un certain lustre.
 

                                                         La ferme suisse et l'orangerie.

 
Avant de partir, un dernier regard sur le château...
 
 
La maison du gardien vient d'être rénovée.
 
A JEURRE aussi...
 
 
Le cénotaphe de Cook, dédié au grand navigateur.

 
La Colonne Rostrale, construite en hommage à ses deux fils, Edouard (1762-1786) et Ange Auguste (1766-1786), tués près de Vancouver lors d'une expédition de La Pérouse . Elle était à l’origine bâtie sur une petite île, au cœur du grand lac.
 
Un coup d'œil sur le village.
 
Situé à 16 km au sud d'ETAMPES, au bout de la vallée verdoyante de la Juine, Méréville ,qui se proclame "capitale du cresson", est déjà en Beauce.. Dès le Moyen-Age, Méréville était une chatellenie et avait un seigneur (familles de Villebéon, du Puiset, vicomtes d'Etampes, puis famille de Linières jusqu'au XVe s). Puis la famille de Reilhac prend le relais, de 1456 à 1567. De 1567 à 1784, de nombreux châtelains se succèdent à la tête de la seigneurie, les Monstiers-Mérinville, Delpech, Bertin et La Tour-du-Pin, avant l'arrivée du marquis de Laborde...
 
 
Une superbe mairie au bout d'une belle perspective...

 
La mairie.
 
 
Une rue de Méréville.
 
 
Une magnifique halle datant de 1511.
 
 
et un ancien lavoir (restauré) au bord de la Juine. Il jouxte le parc du château , à proximité du moulin de Belanger.. Il fait partie des constructions de l'époque de Laborde.
 
VOIR LA SUITE :19/9 2e partie : du château du Marais à celui de Bruyères-le-Châtel.