samedi 2 juin 2018

A LA DECOUVERTE DE L'ART RELIGIEUX DE MANTES LA JOLIE:2 -VISITE DE LA COLLEGIALE NOTRE DAME-.27/5/18.


Nous avons gagné en voiture le centre ville de Mantes depuis Gassicourt, après la visite de l'église Sainte Anne. Le rendez-vous était au pied de la tour Saint Maclou.

La tour Saint Maclou (du nom d'un évêque normand) avait été ajoutée au XVIe siècle à l'église du même nom , datant du XIIe, qui s'écroula au XVIIe, fut reconstruite, puis définitivement démolie car menaçant à nouveau de s'écrouler au XIXe. Elle a été classée au MH en 1908.

Une série de panneaux permet de suivre l'évolution de la ville. On voit ici qu'à l'origine, Mantes, ville royale, était enserrée dans des murailles, et que la collégiale (à droite) était elle-même dans l'enceinte du château de Mantes.

Devant les panneaux retraçant l'histoire de la ville.
On reconnaît de g à dr: Michèle G, Michelle F ,Jacqueline, Régine, notre guide, Jean-Marie, Florence, Simone, Claude, Jaja, Marcelle, Norbert (caché), Dominique et Jacques.

Nous gagnons à présent le pont sur la Seine, d'où une vue imprenable sur la collégiale nous est promise…
De dos: Bernard, Hélène et Dominique.

Nous arrivons devant une belle sculpture représentant un chien, symbole de la ville.

Un panneau nous explique pourquoi le chien est devenu le symbole de Mantes.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

La collégiale Notre Dame vue du pont sur la Seine . Elle a été construite du XIIe au XIIIe siècle en style gothique. Elle a été classée aux MH en 1840. La toiture, faite de tuiles vernissées (influence bourguignonne) a été entièrement refaite en 2001 et 2002.


La façade ouest. La tour nord (à droite) a été reconstruite au XIXe siècle par Alphonse Durand, élève de Viollet le Duc, à l'identique de la tour sud, ce qui n'était pas le cas auparavant. Cet ensemble suit le modèle de la cathédrale de Laon.

LES PORTAILS:

Comme Notre Dame, l'église comporte une élévation sur 3 niveaux. La façade ouest comprend 3 portails consacrés de g à dr à la Résurrection du Christ, à l'Assomption de la Vierge, le 3e portail, dit des Echevins, de style gothique flamboyant, a été construit par eux au XIVe s .La façade est dotée d'une belle rosace.(Photo: Régine).

Le portail de la Résurrection du Christ est le plus ancien: il a été construit en 1150. Le Christ, dans la partie supérieure est représenté en gloire, tenant dans sa main droite le livre aux 7 sceaux de l'Apocalypse, la main gauche posée sur le disque de la Terre. Il est entouré d'anges.

Sur le trumeau, détail de l'ange, figure dynamique, de vie.

Sur le trumeau encore, deux soldats endormis et 3 femmes qui viennent embaumer le corps du Christ; chacune des statues de femmes décompose le mouvement de marche vers le Christ.

Dans les voussures, nombreuses figures de prophètes, souvent mutilées. Les sculptures ont souffert de la Révolution.

Devant le portail central, voué à l'Assomption de la Vierge: il date de 1170. Il a des points communs avec le portail de Senlis.

Au tympan: Marie (à gauche) figure aux côtés du Christ.
Dans les voussures, 42 personnages constituant la descendance d'Adam, de la création d'Adam par Dieu - il le tire de la glaise (4e voussure à gauche) jusqu'à l'enfant Jésus que Marie tient dans ses bras (1e voussure à droite).

Linteau: ange et apôtres.

Linteau: détail des anges relevant Marie.

VISITE INTERIEURE:

La visite intérieure commence (photo: Régine).

La nef a été terminée en 1224.

Elle est flanquée de deux collatéraux. Des chapelles rayonnantes et dans les bas côtés ont été ajoutées aux 13e et 14e siècles.

Son élévation sur 3 niveaux rappelle ND de Paris, elle est  inférieure de 2m par rapport à celle-ci. La nef centrale est voûtée d'ogives sexpartites. Les collatéraux sont voûtés d'ogives quadripartites.

Des fenêtres hautes en arc brisé apportent beaucoup de lumière. Les fenêtres des tribunes du 2e niveau sont groupées par séries de 3 et munies d'une balustrade.

Les chapiteaux des colonnes sont ornés de motifs végétaux.


Fenêtres hautes ornées de vitraux au dessus du chœur.

Des visiteurs intéressés...(photo: Régine).

Les vitraux sont modernes.  (Photo: Claude)

Ici des figures de saints .(Photo: Claude)

LA GRANDE ROSACE (mur ouest):

C'est une des plus anciennes de France: les plus anciens panneaux remontent à 1210 environ. Elle a bénéficié au fil du temps de plusieurs restaurations. En 1939, le verrier JJ Gruber met les médaillons dans l'ordre qui est celui d'aujourd'hui. La dernière restauration (des couleurs) date de 2004.

 Elle représente le Jugement dernier. Le Christ juge figure au centre, dans une mandorle. Il est entouré de 12 panneaux figurant un chœur d'anges dont les bustes ailés sortent des nuages. S'y ajoutent à la périphérie 12 médaillons circulaires présentant les scènes traditionnelles du Jugement dernier. A droite du Christ figurent les élus, à gauche plutôt les réprouvés.

Le médaillon central, avec le Christ Juge. Le sang versé pour le salut de l'humanité coule de ses plaies.

Partie supérieure de la rosace. (Cliquer pour agrandir).
Médaillons: au sommet, Abraham tient dans un drap les Elus et donne ainsi de l'espérance aux Justes.
De part et d'autre: 4 élus assis tenant des palmes.
Anges: de g à dr: ange sonnant de la trompette pour annoncer la fin des Temps; ange pleurant à genoux; ange pleurant,  ange sonnant de la trompette , même but.

Sous le médaillon central:
de g à dr: ange portant la couronne d'épines de la Passion; puis deux anges sonnant de la trompette pour annoncer la fin des temps, puis un ange portant la lance de la Passion

                                    Saint Pierre introduit un Elu dans la Jerusalem céleste.

                                                           Résurrection des morts.

St Michel pèse les Ames: des diables essaient de fausser la balance.

Des anges apportent des Ames à peser.

Sous la rosace, le grand orgue placé là en 1970 cache en partie les vitraux de l'Assomption réalisés par le maître graveur JJ Gruber en 1964.Un 2e orgue plus petit a été installé en 2013.

Pierre tombale de 1641  de Guériteau, un curé guérisseur.

Ici une statue représentant Joseph et son fils Jésus qui apprend à son père nourricier l'art de la géométrie, et au delà les lois du monde.




Dans une chapelle, Jean Jacques Gruber dans les années 70 a évoqué dans ces vitraux pleins de mouvement les grands moments de la vie de la Vierge.


D'autres beaux vitraux modernes.

LA CHAPELLE DE NAVARRE:
Elle se trouve au bas côté sud de l'église. Elle fut fondée en 1313 selon le souhait de Marie de Brabant, seconde épouse de Philippe le Hardi. Cette chapelle double est dédiée à Saint Paul et Saint Louis.

Dans cette chapelle , on découvre quatre statues du XIVe s  de saintes et de reines donatrices (ci dessus). 

Le vitrail de la chapelle de Navarre (XIVe s): rois et reines donatrices.


Dans la partie supérieure, des médaillons évoquent l'histoire du Christ. Ici, détail de la mise au tombeau (vers 1315).

Détail de la Résurrection (vers 1315).

Et pour finir:

Terminons par une belle statue en pierre peinte de la Vierge à l'enfant.

Elle date du XVIe siècle. La vierge est en cheveux, symbole de la pureté de la femme.

ET ENCORE….

Une légende raconte qu'après avoir ravagé Mantes, Guillaume le Conquérant aurait donné l'argent nécessaire à la construction de la collégiale…
Philippe Auguste aurait souhaité être enterré dans la collégiale de Mantes, finalement il le fut à Saint-Denis, mais son cœur  symboliquement a été placé dans la collégiale.
L'édifice a beaucoup souffert lors de la Révolution (statues du portail mutilées etc...). Il a alors été reconverti en Temple de la Raison, puis est devenu successivement une fabrique de salpêtre et un arsenal.

Merci à Marie-Christine GOMEZ-GERAUD pour cette belle journée de visite, qui s'est terminée de façon conviviale dans son jardin, à quelques km de Mantes...

* A VOIR AUSSI LA PREMIERE PARTIE DE CETTE DECOUVERTE DE L'ART RELIGIEUX MANTOIS:
la visite de l'église SAINTE ANNE DE GASSICOURT:
cliquer sur:
https://jmsattonosrandonnees.blogspot.com/2018/06/a-la-decouverte-de-lart-religieux-de.html

vendredi 1 juin 2018

A LA DECOUVERTE DE L'ART RELIGIEUX DE MANTES LA JOLIE.1- L'EGLISE SAINTE ANNE DE GASSICOURT - 27/5/18.


Nous étions donc finalement , sauf erreur 18 pour cette belle sortie. Notre guide a eu un bel auditoire. Merci aussi à Florence qui nous a soufflé l'idée, car qui aurait eu l'idée sinon d'aller visiter les églises de Mantes?
Les deux églises sont magnifiques, recèlent de vrais trésors, et quel plaisir de mieux comprendre le sens des représentations religieuses des façades ou des vitraux!
Et ces stalles sculptées de la petite église : un délice!

Etaient au rendez-vous donc 18 personnes: les anciens du lycée J Jaurès de Châtenay-Malabry et leurs conjoints ou proches : Florence Poirson , son mari Claude, ses amies Jacqueline Mazeau et Sylvie Geslot (pour la première fois parmi nous!) ; Dominique Michel (toujours prof à JJ!) et Jacques, son époux; Jean-Marie Fabre et Michèle; Hélène Cocton, et Bernard; enfin Simone Wajsfelner. Et moi-même. Était de la partie aussi la "bande à Jaja": Janine Esquirol et Norbert, Marcelle Fantaisie, Michèle Godelle , Régine Hurteau et leur amie Catherine Langpaap.

Merci à notre guide Marie-Christine Gomez-Géraud, amie de Florence, qui a la passion du patrimoine religieux de Mantes.

Zut, on n'a pas fait la traditionnelle photo souvenir de groupe!
Bon, benh on se contentera du chien de Mantes!

Le chien est le symbole de Mantes.


*  VISITE DE L'EGLISE SAINTE ANNE DE GASSICOURT.
Deux trésors principalement dans cette église: des vitraux du XIIIe siècle et des stalles de même époque superbement sculptées..


Cette église, située dans l'ancien village de Gassicourt aujourd'hui intégré à Mantes, faisait partie d'un prieuré appartenant aux bénédictins de Cluny depuis 1075. Elle fut construite par les moines en style roman  au début du XIIe siècle, à la place d'une première église.

Cependant le transept et le chœur (au 2e plan), de style gothique rayonnant, datent du 3e quart du XIIIe siècle ( règne de Saint-Louis). Bossuet y a été prieur-abbé de 1664 à 1703. Le prieuré sera dissous en 1739, et la plupart des bâtiments conventuels seront détruits quelques années plus tard, sauf le réfectoire des moines transformé en sacristie. L'église sera restaurée (nef et deux bas côtés) par Alphonse Durand, élève  de Viollet le Duc, de 1855 à 1874 et classée en 1862.Une seconde restauration interviendra après 1944 , l'église ayant été endommagée.

Le portail a té restauré au XIXe par Alphonse Durand: les modillons ornés de têtes humaines ou animales de l'archivolte datent par exemple de cette époque.

L'oculus représente la roue de la Fortune, image du monde, supportée par deux petits personnages qui ploient sous son poids. Elle s'appuie aussi sur l'archivolte du portail.

La nef de style roman et au fond le chœur gothique rayonnant.

La nef à 5 travées est délimitée par des colonnes non historiées qui la séparent des deux bas côtés.

Vue des chapiteaux.

Chapiteaux sculptés de formes diverses.

Notre guide, à gauche, a commencé sa présentation de l'intérieur de l'église.
A l'image: Marcelle, Dominique et Jacques et au fond Catherine.

Vue de la nef depuis le chœur.

Le plafond vouté en bois date de la dernière restauration (2e moitié du XXe s).

Autour des fonts baptismaux.
On reconnaît à gauche Claude, au centre Simone et Florence, puis Jacqueline, et Michelle F.

Les fonts baptismaux, en pierre calcaire, datent du XIIIe siècle.

On reconnaît de g à dr: Dominique, Michèle G, Hélène, Jaja, Bernard, Régine, Jean-Marie, Claude, et notre guide.


Gisant d'un prélat , peut-être un prieur, datant du 2e quart du XIIe siècle. Il a été retrouvé en 1871.

Mais laissez-le reposer en paix ce pauvre diable!!!!

Autre vue du prélat entouré de deux anges.

Il s'agit ici de la dalle funéraire de Thomas de Brienne, prieur décédé en 1278.

LES VITRAUX:
 L'église comporte 5 verrières authentiques des  années 1260/1270. La verrière  du chevet (voir ci dessous), les  deux verrières latérales du chœur consacrées à des figures de saints, la verrière du bas côté  nord, celle du bas côté sud.

La verrière du chevet (derrière le chœur) représente des épisodes de la Passion et de la Résurrection du Christ. Au sommet le Christ en majesté.

Vision rapprochée de quelques scènes (cliquer pour agrandir).


L'entrée dans Jérusalem.

La Jérusalem céleste.

Le couronnement d'épines.

La crucifixion.

L'ascension.


Verrière du bas côté nord, consacrée à l'enfance du Christ

Verrière du bas côté sud, consacrée au martyr de Saint Vincent, Saint Etienne, et Saint Laurent.

Une des verrières latérales du choeur représentant des saints.

Les parois ouest et latérales de l'église sont elles ornées de vitraux modernes, oeuvres de Jean-Jacques Grubert (auteur aussi des vitraux de la collégiale de Mantes).

LES STALLES:

Autre joyau de l'église, 32 stalles de la fin du XVe siècle superbement sculptées. Les sculptures représentent soit des animaux, soit des motifs végétaux (houx,vigne), et le plus souvent des scènes de la vie quotidienne ou les travaux des saisons, mettant en scène des personnages.
Primitivement installées dans la nef, devant l'autel, les stalles ont été placées en 1963 dans le chœur, derrière l'autel, lui-même avancé au niveau du croisillon du transept.
Sont sculptés les miséricordes (sorte de consoles où le moines s'appuyaient pendant les longs offices auxquels ils assistaient debout), et les appuie mains.

Miséricordes et appuie mains sont sculptés.

Jeu de colin maillard: personnage nu assis tenant un bâton, tandis que 2 femmes nues tournent autour de lui. (Photo: Régine).

4 souris ou rats grignotant le globe terrestre .

A gauche, un jeune homme en chapeau à plume, épée à la ceinture, touchant une fleur (faisant sans doute une déclaration d'amour à une dame).

Un homme tient un petit sac, probablement une bourse; il est agenouillé d'une jambe devant une femme assise qui tient un deuxième sac devant son ventre, et trinque avec une chope (photo: Régine).
Scène non identifiée.

Bourreau montant à une échelle en tirant sur une corde passée autour d'un second personnage en prière qui semble résister.

Personnage armé d'une épée en menaçant un autre en prière à sa fenêtre.

Un homme s'apprêtant  à remplir un tonneau (?)(photo Claude).

Paysan portant un long bâton dont la partie supérieure manque ,sans doute un fléau (photo Claude).
Diable ailé tenant une fourche et tournant le dos à un calvaire (photo Claude).

Homme marchant tenant une poule (photo Claude).

Deux enfants à cheval (cheval bâton) brandissant un outil (photo: Jacqueline).

Coq (photo: Régine).

2 escargots (photo: Régine)

Chien ? (photo:Régine ).

Ane bâté (photo: Jacqueline).

Une des figures sculptées des appuie mains.

Vierge à l'enfant du début du XIII e siècle, en bois doré. Il s'agit d'une copie, l'original est au musée de l'Hotel Dieu de Mantes.

* A VOIR : LA SUITE DE CETTE DECOUVERTE DE L'ART RELIGIEUX MANTOIS…

LA VISITE DE LA COLLEGIALE DE MANTES:

Cliquer sur: 
https://jmsattonosrandonnees.blogspot.com/2018/07/a-la-decouverte-de-lart-religieux-de.html