samedi 22 septembre 2018

Retour sur le chemin des moulins de la Rémarde avec mon ami Didier ( de Longvilliers à Saint-Arnoult en Yvelines)...

Jeudi 20 septembre nous nous sommes retrouvés, Didier Rousselet, ami de jeunesse (nous nous connaissons depuis le lycée) et moi à Saint-Arnoult, avenue du général de Gaulle, avant d'aller poser une de nos voitures au bord du parc de l'Aleu , et de gagner Longvilliers avec l'autre.
Village des Yvelines de 500 habitants, Longvilliers se caractérise par un bourg peu étendu, autour de l'église, de la mairie, et d'une ancienne ferme, auquel s'ajoutent 5 hameaux dispersés dans la campagne alentour.
Après un petit pique nique aux abords de la haute église Saint Pierre, qui, construite sur une hauteur, domine le paysage environnant, nous voilà partis sur un chemin qui suit le trajet de ce petit cours d'eau, affluent de l'Orge, dont le cours était autrefois parsemé de très nombreux moulins , à blé en général. La proximité de la petite rivière avec la Beauce, grenier à blé de l'Ile de France, explique cette multiplicité de moulins, dont la production approvisionnait Paris.

Pique nique au pied de l'église de Longvilliers, un coin au charme automnal.

Nous sommes passés d'abord, à Longvilliers même, devant le moulin de la Forge, devenu une école d'équitation, entouré d'enclos où paissent paisiblement de nombreux chevaux. Puis, une fois traversée la route menant vers Rochefort en Yvelines, nous avons emprunté un chemin qui longe la Rémarde sur sa rive sud. Là nous avons découvert le moulin des Echelettes, devenu une belle propriété privée, puis bien plus loin , nous avons longé  des prés clôturés  occupés encore par de nombreux chevaux : nous avons aperçu en arrière plan le beau moulin de Saint Fargeau, devenu lui aussi un centre équestre, dont ces prés dépendent. Nous avons , à l'extrémité de ces clôtures, tourné à droite , puis de

                            Devant le moulin des Echelettes, devenu une belle propriété privée.

 nouveau à droite pour admirer de plus près ce moulin, devenu le haras des Sables. Puis nous avons rebroussé chemin en direction de Saint-Arnoult: nous étions alors sur le GR 655 , portion du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Au bout d'un moment nous avons aperçu sur la gauche le superbe Moulin Neuf , devenu musée des Arts et Traditions populaires, malheureusement fermé en semaine. Plus loin nous avons cheminé dans le parc de l'Aleu, et aperçu au bout, en contrebas, un beau parc traversé par le cours d'eau: c'était celui du moulin de Trévoix , devenu lui aussi propriété privée. Le portail ouvert nous a permis de découvrir le bâtiment.
La suite du programme était la suivante: nous devions gagner en voiture le moulin de Villeneuve, visiter le parc, et suivre la visite guidée de 16h.
Las, cette dernière partie du programme ne fut qu'ébauchée!

Le moulin de Villeneuve , propriété d'Aragon et Elsa Triolet.

Aux abords du moulin de Trévoix, votre serviteur avait eu un premier malaise, dissipé au bout de quelques minutes, qui se reproduisit au moment où nous allions découvrir la tombe d'Aragon et d'Elsa. Malaise inédit, accompagné d'une lourdeur au niveau de la poitrine, du côté cœur, donc inquiétante. Didier fit appeler le 15, et ce fut la prise en charge par pompiers et  Samu. Finalement nous nous retrouvâmes... à l'hôpital de Chartres, à 40 km, seul hôpital spécialisé en cardiologie qui pouvait nous accueillir apparemment. Et voilà: deux jours et demi d'hôpital, avec coronographie à la clé pour vérifier si le pire n'était pas en marche: une drôle de fin pour une rando!Mais finalement, rien de grave!

                                               LA RANDO PAS A PAS EN IMAGES:


Le pique nique aux abords de l'église St Pierre de Longvilliers (VIIIe au XIIIe s, restaurée au XXe). Le bourg de Longvilliers s'est construit autour d'un prieuré appartenant aux moines de St Maur des Fossés. (Tiens St Maur , où se trouve le lycée où nous nous sommes connus Didier et moi, en 3e et 2e; occasion d'évoquer de vieux souvenirs).

Un coin au charme automnal.

Sur le chemin des moulins de la Rémarde.

A Longvilliers même, nous croisons le moulin de la Forge, aujourd'hui école d'équitation.
Au XVIIe, il exploitait le minerai de fer. En 1862, on le surnommait " l'usine à blé", en 1870 il devint une usine à parquets!

Le logis avec ses lucarnes typiques.

En contournant  le moulin, on aperçoit la chute d'eau qui faisait tourner sa roue.

Le moulin des Echelettes: vue depuis le portail. Il comporte 4 bâtiments du XVIIe siècle. Il appartenait au XVIIe s à la famille de Rohan -Guéménée, châtelains de Rochefort en Yvelines. Il a cessé son activité en 1920.

Ce bâtiment est devenu une belle résidence secondaire.

Aperçu du parc et de l'étang.
                                   La propriété a servi de cadre à un film de télévision en 2010.

Bientôt des prés clôturés où paissent des chevaux...

Joli spectacle.

En arrière plan, le moulin de Saint Fargeau devenu le "Haras des Sables".

Après un peu de marche sur le GR 655, qui nous amène à Saint-Arnoult,  nous apercevons le Moulin Neuf.

Au XIIe s , il appartenait aux moines bénédictins de Saint Maur des Fossés qui occupaient le prieuré de Saint Arnoult. Au XVII, les Rohan-Guéménée en étaient propriétaires.C'est devenu un musée des Arts et Traditions populaires (fermé ce jour là).

Nous longeons la rivière pour chercher un meilleur point de vue sur le moulin.

Là ça devrait être bon…

                                                                          Et voilà!

Allez, on continue!

Après avoir travers le parc de l'Aleu, plongée sur une belle propriété traversée par le cours sinueux de la Rémarde.

Il s'agit de l'ancien moulin de Trévoye, qui date du XVIIe siècle. Le portail ouvert nous permet d'apercevoir le bâtiment principal.

Nous prenons notre voiture pour gagner le moulin de Villeneuve le 6 e et dernier moulin du parcours:

Nous découvrons le moulin de Villeneuve.
En 1951, Aragon achète le moulin de Villeneuve pour Elsa, afin qu'elle ait "un coin de France à elle". Elle s'y éteignit le 16 juin 1970. C'est Elsa qui en conçut la décoration intérieure.
Il s'agit d'un ancien moulin à blé datant du XIIIe siècle.
  Il est entouré d'un parc de 6 ha où des expositions de sculptures sont régulièrement organisées.

Le moulin est en effet un lieu d'expositions artistiques. Ce jour là étaient présentées les œuvres de la famille ANDREA , père, mère, fils, et filles tous artistes.


Aperçus de l'expo.

Notre visite s'est arrêtée juste après cette photo…. et la journée s'est terminée à l'hôpital de Chartres...


dimanche 16 septembre 2018

15/9/18: A LA DECOUVERTE DES DOMAINES DE VAUGIEN ET DE RAGONANT. 1e partie: VAUGIEN.



Pour notre première sortie post vacances, nous avons profité d'opportunités locales offertes par les Journées du Patrimoine. Nous avons  pu visiter deux domaines habituellement fermés au public et  longtemps liés entre eux: celui de Vaugien, situé dans la vallée sur la commune de Saint-Rémy lès Chevreuse, propriété de la famille de La Rochefoucauld, et celui de Ragonant, situé sur le plateau, sur la commune de Gometz la Ville, appartenant à la famille De Wendel. Ce sont en fait deux branches cousines de la même famille.

Nous étions finalement 19 au rendez-vous pour la visite du château de Vaugien. Mais quelques participants n'ayant pas été attirés par le monde agricole, nous n'étions plus que 14 à Ragonant, un nombre tout de même correct pour une visite organisée au départ spécialement pour nous.
D'autres personnes de la région se sont finalement jointes au groupe, et ce fut une belle troupe qui arpenta la cour de ferme!
Le temps était avec nous, le timing un peu serré, il est dommage que nous n'ayons pas pu visiter un peu le parc du château de Vaugien.
Nos amis  non venus à Ragonant se sont cependant attardés dans le parc.

Mais  d'abord, les traditionnelles photos de groupe (devant le château de VAUGIEN): 
Et comme il y a des nouveaux, je vais être plus précis pour les présentations.

 
                                                                           Photo: Jacqueline.

     De g à dr: Sylvie GESLOT (amie de Florence), Marcelle FANTAISIE (3), Jeanine LELARGE (amie de Marcelle), xxx COUSTHAM, fille d'Eliane, Florence POIRSON(1), Eliane COUSTHAM (1) , Jacques et Dominique MICHEL(2), Bénédicte MONNIER(2),Simone WAJSFELNER (1), Jean-Marie (1) et Michèle FABRE, Jacqueline X (amie de Florence), Jean-Marc et Arlette (3) CALLOUD, de Bures sur Yvette, Claude POIRSON, Danielle (4) et Reynaldo PASCAL-CASAS. 
Le GO, Jean-Maurice SATTONNAY est dans la photo du haut.

(1) Anciens collègues du lycée J Jaurès de Châtenay-Malabry.
(2) Anciens collègues du lycée J Jaurès de Châtenay-Malabry encore en activité (nos jeunes!).
(3) Ancienne prof.
(4) Ancienne collègue du lycée de la vallée de Chevreuse .

VAUGIEN ET RAGONANT, deux domaines aux destins souvent liés dans l'histoire:

* A l'origine ce sont deux fiefs différents , qui ont fini par avoir les mêmes propriétaires.  Ainsi , la famille de Marle est  propriétaire des fiefs de Vaugien et de Ragonant à la fin du 16e s.

* Au XVIIe , Ragonant est un des 6 fiefs qui composent la châtellenie de Gometz , devenue propriété du seigneur de Limours , Louis Hurault de Cheverny , en 1601.
Le fief de Ragonant comportait un petit château et une ferme d'élevage opulente , le tout entouré d'un domaine agricole .

     * En 1842 , le grand Ragonant et le château de Vaugien ont la même propriétaire , Gabrielle Bagueneau de Puchesse . Celle- ci fait détruire le château de Ragonant . Son mari Amable, comte de Thelusson de Sorcy (1793-1843) , venait de faire reconstruire un nouveau château  quelques années avant , en 1829 , à la place du château de Vaugien antérieur , jugé trop petit pour recevoir ses nombreux amis , pour lesquels il organisait de grandes parties de chasse. Elle sacrifie le château de Ragonant.


Le château de VAUGIEN (1829).

     * Ensuite , le grand Ragonant comme le château de Vaugien passent , du fait du mariage de Berthe , la fille aînée des précédents , dans la famille de Wendel.


Grand Ragonant: le logis de la ferme.

     * En 1985, la comtesse Geoffroy de Montalembert, née Odile de Wendel, donne Vaugien à une de ses filles, la comtesse Urbain de La Rochefoucauld. Ragonant  reste dans la famille de Wendel. Henri de Wendel et son épouse Christine, née Taillandier, en sont les actuels propriétaires. Ainsi Vaugien et Ragonant n'ont-ils plus les mêmes propriétaires: Vaugien appartient à la famille de Jacquelin de La Rochefoucauld (fils de la comtesse Urbain de La Rochefoucauld, décédée en 2015), tandis que Ragonant appartient à leurs cousins les De Wendel.

                                       LA VISITE DU CHATEAU DE VAUGIEN:

C'est à l'occasion des Journées du Patrimoine 2018 que nous avons pu visiter le château de VAUGIEN, habituellement fermé au public.

Une visite guidée était proposée toutes les demi-heures environ.

Première vision du château (façade principale).
Il a été construit en 1829 par Pierre Lorotte, élève de Claude Nicolas Ledoux, pour Amable de Thelusson, garde suisse et banquier très en vue à la fin du XVIIIe siècle. Il est de style italien, avec toit en terrasse et loggia au premier étage. Il est classé en 2001 pour sa décoration intérieure  remarquable. Il avait pour son premier propriétaire une vocation de relais de chasse.  Devenu une belle  demeure familiale, il est ouvert aujourd'hui aux séminaires d'entreprise, réceptions professionnelles et événements divers.
Il existait dès le XII e siècle un château de Vaugien sur ce site. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le château était entouré de beaux jardins à la française.

Les visiteurs étaient accueillis devant le perron du château par le propriétaire et son fils.

Un accueil cordial et d'une grande simplicité par un héritier d'une grande famille de la noblesse française, Jacquelin de La Rochefoucauld. Nous apprenons notamment que le château appartient à la même famille, descendant d'Amable de Thélusson, depuis 1828, c'est-à-dire depuis 8 générations. Le domaine s'esttransmis d'une génération à l'autre par les femmes, d'où les changements de patronymes des propriétaires (Thélusson, De Vaulserre, De Wendel, De Montalembert, La Rochefoucauld). 

Puis c'est son fils Philippe qui prend le relais.Nous apprendrons qu'il est élève du lycée de la Vallée de Chevreuse, à Gif , situé à 800 m du château (mon ancien lycée!).

Il nous présente d'abord la "cour anglaise", cour ménagée au niveau du sous sol pour aérer cette partie du bâtiment.

Cette affiche, au sous sol, attire l'attention sur le nombre considérable de films qui ont eu comme cadre le domaine de Vaugien, depuis  qu'en 2004 Patrice Chéreau eut l'idée d'y tourner son film "Gabrielle" avec Isabelle Huppert.

Nous découvrons ensuite les vastes cuisines, et leur équipement d'époque.



On passe ici  devant l'entrée des caves où des cachots avaient été aménagés. Les jeunes de la famille prévoient d'y faire vivre très bientôt un jeu intitulé "ESCAPE GAME"qui sera ouvert au public.

Le sous sol est  le domaine des domestiques. Nous découvrons maintenant la "Salle des Gens" . On aperçoit ici la chaudière qui transmet de la chaleur au reste du château.

Salle des gens: la table des repas .
On trouve aussi dans cette salle le monte charge qui amenait les plats à l'étage supérieur (salle à manger)  et 12 casiers, ceux des domestiques.

La lingerie (photo Claude Poirson).

Les visiteurs empruntent ensuite l'escalier de service pour accéder aux étages nobles.

Belle surprise à l'étage en découvrant ce magnifique atrium "palladien", le joyau du château.

Aperçu de la verrière et des motifs décoratifs.


De part et d'autre de la verrière, chambres et cabinets de toilette se succèdent. Les chambres étaient numérotées pour faciliter le service des domestiques.Du temps d'Amable de Thélusson elles accueillaient les amis du propriétaire invités à une partie de chasse dans les environs.

L'atrium  (détail) - (photo Claude Poirson).

Aperçu d'une chambre.
Ici une référence à Venise, patrie de Palladio.

Que fait un portrait de Bayard ici? C'est une référence à l'histoire de la famille des La Rochefoucauld: Bayard à Marignan adouba François 1er, filleul de François de La Rochefoucauld.

On remarque aussi dans l'atrium le buste d'Amable de Thélusson jeune.

Et celui de son épouse Gabrielle Baguenault de Puchesse, qui fera de Vaugien une vraie demeure familiale.

Il est temps de descendre au rez de chaussée, où plusieurs visiteurs se trouvent déjà.

On prend cette fois l'escalier d'honneur… orne d'une tapisserie d'Aubusson et de sculptures.

On voit ici une statuette de Diane chasseresse, référence à la chasse, activité du domaine à l'origine, et aussi un buste d'Hélène de Thelusson, fille d'Amable, et épouse du marquis de Vaulserre: elle héritera du château.
La tapisserie (photo Claude Poirson).

Et on se retrouve dans le magnifique hall des 4 saisons…

Marcelle et la statue (photo: Claude Poirson).

Dans un angle , une des deux statues des quatre saisons subsistant: elle représente l'été.

Statue du printemps (photo Claude Poirson).

Au mur, un portrait d'Odile de Wendel jeune. Epouse du comte Geoffroy de Montalembert, elle hérita du château en 1970, et le transmit en 1985 à sa fille Marguerite, épouse d'Urbain de La Rochefoucauld.

Notre jeune guide nous fait découvrir ensuite la salle à manger.

De nombreuses réceptions s'y déroulèrent, notamment lors des parties de chasse auxquelles le propriétaire invitait ses nombreux amis.

Nous passons ensuite dans la salle de billard.

On y jouait aussi au Jacquet.

Ici est  exposé le fusil  du marquis de Vaulserre, grand amateur de chasse.

Pour finir, notre guide nous fait découvrir le grand salon.


Vues diverses du grand salon.
Les 3 salles du rez de chaussée (salle à manger, billard, salon) sont classées.

Au mur, le portrait d'Amable de Thelusson, le constructeur du château.

La façade du château donnant sur le parc. On remarque à droite une loggia à l'italienne.
Nous n'avons pas eu le temps de visiter le parc, car nous étions attendus à Ragonant.
Au XIXe siècle, il s'étendait sur 500 hectares et était très giboyeux: un terrain de chasse apprécié. Aujourd'hui, il compte encore 40 hectares, et mérite une promenade: on peut y admirer des arbres rares, pins laricio, hêtres pourpres, cèdres, chênes rouges…

On a pris pour finir la photo de groupe: est-elle réussie?


* A VOIR AUSSI LA 2e PARTIE: VISITE GUIDEE DU DOMAINE DE RAGONANT.