lundi 12 octobre 2026

10/10/26 : A LA DECOUVERTE DES VILLEGIATURES DES DAMES DE LA COUR DANS LE QUARTIER DE MONTREUIL A VERSAILLES.

Il faisait un joli temps, ni trop chaud ni trop froid, pendant cette promenade versaillaise. Les 3/4 du noyau dur du Hurepoix's band était là: mes anciens collègues du lycée J Jaurès de Chatenay-Malabry et parfois leur conjoint en étaient: Florence et Claude, Jean Marie et Michelle, Simone. Etait présente aussi Jacqueline, à l'origine amie de Florence.Nous renouons dirait-on avec ls petits groupes des débuts du HB.

De g à dr: Simone, Florence, Jacqueline, Jean-Marie, Michelle, Claude.

Et n'oublions pas le GO.

C'EST PARTI !

Village indépendant au départ, Montreuil est devenu un quartier de Versailles en 1787. La présence d'une source va faciliter l'implantation sous Louis XV et Louis XVI de villégiatures de dames de la Cour , dont plusieurs membres de la famille royale.

                                    Photo: Jacqueline.
Et aujourd'hui, c'est le GO qui va faire le guide après s'être documenté sur le sujet !

                             * LA MAISON DITE DES MUSICIENS ITALIENS .

Elle est située au n° 15 de la rue Champ Lagarde.


Ici en effet vécurent de 1686 à 1748 les castrats de la Chapelle Royale. Mais dans un bâtiment antérieur à celui que nous y découvrons. En 1686, Antonio Bagniera, castrat italien de la chapelle du Roi, s'établit à Montreuil. Un ami musicien lui cède un pavillon de musique, qui sera agrandi par la suite. En 1708, il lègue sa propriété à 3 autres castrats italiens. A la mort du dernier d'entre eux, en 1748, un 5e castrat vend la propriété à la comtesse d'Argenson.

                                                          Photo: Claude

L'actuelle maison date en réalité de 1752: elle a été construite dans un style rocaille (cf les petits reliefs décoratifs de la façade par exemple)  pour la comtesse d'Argenson, épouse du ministre de la guerre de Louis XV, par Jacques Hardouin Mansart, petit-fils de l'architecte de Louis XIV et est classée.

Portrait de la comtesse d'Argenson par Nattier.

Elle servit à la comtesse d'Argenson, séparée de son mari, de "maison galante". Elle y abrita ses amours avec le marquis de Valfons (un mémorialiste du XVIIIe s).

ENTRONS DANS LE JARDIN ( dit DES MUSICIENS ITALIENS) :

Ce jardin, aujourd'hui de dimensions modestes, est ce qui reste de l'ancien parc, beaucoup plus vaste, de la maison dite des musiciens italiens.

LE PLAN:


Façade de la maison côté jardin.

En 1759, la maison est vendue à la comtesse de Marsan, (1710-1803) gouvernante des enfants royaux de 1754 à 1776 . Elle y vivra jusqu'en 1776. Née Marie - Louise de Rohan (on ne confiait les enfants royaux qu'à des personnes de la plus haute noblesse), elle devint veuve très tôt. Elle succède à son arrière grand mère et à sa tante comme gouvernante d'abord des enfants de Louis XV, qui ont déjà entre 17 et 26 ans (le roi a eu 8 filles et deux garçons , Louis de France, le dauphin, (père de Louis XVI ), qui mourra de la tuberculose à 34 ans, et Philippe d'Anjou, mort prématurément à 3 ans).

La comtesse de Marsan.

Par la suite, elle sera surtout chargée de l'éducation des enfants du dauphin Louis, et donc des petits enfants de Louis XV, à savoir le jeune Louis XVI ainsi que  ses frères , les futurs Louis XVIII et Charles X , et leurs soeurs Madame Elisabeth et Madame Clotilde. Le futur Louis XVI n'appréciait guère Mme de Marsan, dont le préféré était le comte de Provence (futur Louis XVIII), pas plus que sa soeur Madame Elisabeth " fillette rebelle et colérique", alors qu'elle s'est fortement attachée à Clotilde. Elle mourra en exil à Ratisbonne en 1803.


Mme Elisabeth enfant par Ducreux.
"fillette rebelle et colérique" selon Mme de Marsan, qui la confia à une sous gouvernante.



En 1776, la comtesse de Marsan revend la maison à son cher ami Louis Guillaume Lemonnier ( les mauvaises langues disent qu'ils avaient été amants), botaniste et médecin du roi. Il y vivra jusqu'en 1799.


Lemonnier y créa un jardin scientifique, haut lieu de la botanique française. Il planta des arbres, créa une serre où il fit pousser de nombreuses variétés de plantes. Le jardin fut démantelé au milieu du XIXes. Ce qu'il en reste est cependant classé.

                                     Photo : Jean-Marie.
Petite pause au soleil. 

                                      Photo: Claude.

Un imposant cèdre de l'atlas géant se profile de l'autre côté du parc. Il aurait été planté par Lemonnier .
 Le parc de Lemonnier est à l'origine de la vocation horticole du village de Montreuil. La maison Truffaut a ses origines à Montreuil.

La ville acquit le site en 1978. La maison est aujourd'hui le siège des Compagnons du tour de France.

                                            Photo: Claude
Un petit coup d'oeil à l'intérieur de la maison, devenue un musée consacré donc aux Compagnons du Tour de France.

                                   Video: Jacqueline.

* La propriété de Mesdames filles de Louis XV.


Aux numéros 20/22 rue Champ Lagarde, Mesdames les filles de Louis XV (les filles de roi avaient un statut de dames dès la naissance, et non de demoiselles comme dans le reste de la noblesse), auraient habité cette maison.  On sait que le roi a installé ses filles tardivement dans la partie nord du corps central du château de Versailles  en 1747 ( tardivement car elles étaient nées entre 1727 et 1736), tandis que les appartements du dauphin étaient dans la partie sud. Elles y disposaient d 'une dizaine de pièces. Les 4 cadettes ont été élevées à l'abbaye de Fontevraud et ne sont revenues à Versailles qu'en 1750.
 En fait, pour Mesdames, c'était une maison de campagne - Montreuil, c'était la campagne- où elles séjournaient rarement plus d'une journée...


Ici ne figurent que 8 des filles de Louis XV, les deux autres Marie- Louis et Thérèse sont mortes prématurément.
En haut, de g à dr: Elisabeth, "Madame première", peu féminine, pas très jolie, assez autoritaire, elle est la seule qui se mariera, avec l'Infant d'Espagne, duc de Parme. Nostalgique de la Cour de France, elle s'arrangera par la suite pour y refaire de longs séjours. Puis Madame Henriette, sa jumelle, jolie, douce , aimante, complaisante. Elle décédera à 25 ans. Ensuite Madame Adélaîde, peu gracieuse, mais a un fort caractère, est énergique , jalouse aussi, ce sera la meneuse du groupe.
En bas : Madame Victoire, jolie, douce, sans ambition, calme. Puis Madame Sophie, assez effacée, et enfin Louise, "Madame dernière": jolie aussi: elle entrera dans les ordres, au Carmel de Saint Denis, pour racheter les fautes de son père! 

 Elles ont joué un rôle important à la Cour: elles ont constitué un groupe d'influence en marquant leur hostilité aux maîtresses du Roi (notamment Mme de Pompadour qu'elles appelaient "maman putain", puis Mme du Barry), en intervenant dans la nomination de tel ministre, ou en oeuvrant pour le rétablissement d'un certain ordre moral à la Cour. Adélaïde et Victoire essaient en vain d'avoir une influence politique sur Louis XVI à son avénement, Marie Antoinette deviendra alors leur bête noire.. Le roi finira par les exiler au château de Bellevue à Meudon. Adélaïde et Victoire seules connaîtront la Révolution. Elles se retirent en 1789 au château de Bellevue, puis elles fuient en Italie où elles décéderont.

*LE DOMAINE DE MADAME ELISABETH:
                                              (alias " domaine de Montreuil").
En 1783, Louis XVI achète le domaine à la famille de Rohan Guéméné (ruinée) pour sa jeune soeur Elisabeth âgée de 19 ans. C'est  Marie Antoinette, lors d'une promenade à Montreuil, qui apprend la bonne nouvelle à Elisabeth.

                                                       Photo: Jacqueline
Vue du château côté parc.

Une seigneurie était installée sur ce site dès le 12e siècle, une forteresse y avait été élevée en 1375. Charles VI cède Montreuil, intégré dans le domaine royal, à l'ordre des Célestins qui y installent une ferme.


 C'est la famille de Rohan Guéméné qui fait construire le château en1772, au milieu d'une propriété de 8 hectares. Il comprend un bâtiment central et deux ailes. En 1787-1789, le bâtiment sera rénové par l'architecte JJ Huvé (futur maire de Versailles) dans un style néoclassique. Il fait élever en pierre de taille un corps de logis à 2 niveaux. Il crée une chapelle, et un boudoir turc. La façade est ornée d'un peristyle à 4 colonnes. 

                                                 Photo: Jacqueline
                                                     Un peristyle à 4 colonnes.

Le bâtiment sera encore transformé au XIXe siècle du temps de la famille Clausse (Charles Louis Clausse sera aussi maire de Versailles).

A LA DECOUVERTE DU PARC:
Il s'agissait d'un parc à l'anglaise  comportant grotte factice, cascade, pont... On y trouvait une laiterie et une vacherie. Qu'en est-il aujourd'hui?


Du côté nord, on découvre l'orangerie, qui sert aujourd'hui de salle d'exposition. Des sculptures modernes sont implantées dans le parc ici et là.

                                          Sculpture moderne, près de l'orangerie.

En gagnant l'est du parc, on découvre ce qui reste d'un théâtre de verdure.

                                 Photo: Jacqueline
Un peu plus loin, on s'engage dans un  original tunnel de verdure.

                                                                                        Photo: Claude
                                        Et on découvre la grotte factice, toujours là.

                                                                         Photo: Jacqueline
Allez, une petite photo souvenir devant la grotte!

                                     Photo: Claude.
Petit coup d'oeil à l'intérieur.

                                 Photo: Jacqueline
Le parc est entouré d'un mur de clôture qui sert de terrasse. 

                                                                          Photo: Claude.
Y est aménagé un beau promenoir, planté de tilleuls...

...et  qui domine l'avenue de Paris créée par Louis XIV.

                                                                                          Photo: Claude.
Redescendons dans le parc: on croise ici un modeste pavillon de chasse.

                                                                             Photo: Jean-Marie.
Et on longe bientôt une zone  comportant un verger, une zone d'éco-pâturage, et des ruches.

                              Photo: Claude.
On  croise aussi quelques beaux arbres.

Madame Elisabeth (1764-1794).

Mme Elisabeth créera dans une pièce de la maison un dispensaire pour soigner les pauvres. C'est Louis Guillaume Lemonnier qui s'en occupera. Il cultivera aussi des plantes rares dans le potager.
Dévote, Madame Elisabeth ne se mariera pas. Elle aura une attitude intransigeante en politique: elle était opposée à toute idée de monarchie constitutionnelle, ou de constitution civile du clergé. Elle restera avec son frère Louis XVI jusqu'au bout: elle participera à la fuite à Varennes, sera emprisonnée avec la famille royale en 1792, et guillotinée en 1794.

En 1984, le domaine sera acheté par le département.
Le château a été vidé de tout son mobilier ancien. Une partie se trouve au Louvre.

* LE PARC CHAUCHARD,
ANCIEN DOMAINE DE LA COMTESSE DE PROVENCE :

La comtesse de Provence.
Née Marie Joséphine de Savoie, elle n'est autre que l'épouse du comte de Provence, futur Louis XVIII ( la comtesse ne sera jamais reine, elle mourra en exil 4 ans avant la Restauration). Plutôt laide, et peu appréciée à la Cour, elle la fuit en se réfugiant dans ce domaine, acheté en 1780  au prince de Montbarrey tombé en disgrâce, qui doit s'exiler à Besançon.

    Le domaine comporte un pavillon d'habitation (photo) , qu'elle fait transformer par CHALGRIN, 1er architecte du comte de Provence. Appelé par la suite "pavillon Madame", il est situé aujourd'hui 2 rue de l'école des postes, il est rattaché depuis 2013 au lycée privé Sainte Geneviève.  
                                     Photo: Claude.
                  L' entrée monumentale de l'ancien domaine se trouve au 111 avenue de Paris.

                                                                          Vue ancienne.
 
Un parc à l'anglaise est créé, de 12 hectares, qui comportera un rivière  avec 3 îles, et de nombreuses fabriques décoratives : chaumière, hameau, pavillon chinois, belvédère , temple de Diane... De quoi rivaliser avec Trianon! Tout sera détruit à la Révolution. Le domaine comportait aussi une laiterie.

Le pavillon de musique de la comtesse.

En 1784, elle fait construire par CHALGRIN un pavillon de musique, qui sera en fait un pavillon d'habitation bis, la comtesse trouvant trop exigu le pavillon Madame.

Le pavillon de musique aujourd'hui.

A la révolution le domaine est vendu comme bien national et séparé en 2 lots. Le pavillon de musique sera acheté  par un bijoutier qui en 1820 l'agrandit en lui ajoutant 2 ailes comportant chacune 3 fenêtres , d'où l'aspect actuel. 

Décor de la salle à manger : une peinture en trompe l'oeil donne l'impression d'être au centre d'un petit temple du type temple de l'Amour (cf Trianon) avec un parc autour.

Le pavillon d'origine comportait deux salles octogonales en enfilade, plus deux petites pièces de chaque côté de la première. La 1e salle était une salle à manger, la 2e un salon de compagnie donnant à l'arrière sur le parc. Les 2 petites pièces de chaque côté de la salle  manger étaient la chambre à coucher de la comtesse et son boudoir. Un appartement de service était à l'entresol.

Décor du salon donnant sur le parc.

Au début du XIXe siècle, Alfred Chauchard, créateur des Grands Magasins du Louvre, devient propriétaire du domaine : il en fait don en 1902 à une société immobilière chargée de le diviser en  105 lots  attribués à ses employés les plus méritants. Le pavillon de musique reste là, au milieu des constructions. L'ensemble sera appelé "parc Chauchard". On accède au pavillon de musique par la rue Chauchard.

Au bout de la rue Chauchard, le pavillon de musique.
En 1960, il est acquis par un couple qui entreprend une restauration. La petite fille du couple y vit toujours. C'est donc une propriété privée. Un petit parc très clos s'étend à l'arrière du bâtiment.

                                       Photo: Claude.
Statue en hommage à Alfred Chauchard, à l'arrière du jardin du pavillon.

                                   Photo: Jean-Marie
Petit clin d'oeil : le GO explique !

A bientôt pour de nouvelles aventures... parisiennes cette fois !

Merci à Claude, Jacqueline et Jean- Marie pour leur participation photographique !

Quelques avis de participants:
"Merci pour cette bonne visite culturelle pour laquelle la météo avait décidé de nous être clémente. Quelques belles découvertes: Versailles semble inépuisable! " Jacqueline.
"Merci Jean Maurice pour cette très belle et intéressante balade". Simone.
"Merci pour cette visite très instructive". Jean -Marie.


























dimanche 20 septembre 2026

19/9 : DECOUVERTE DU CHATEAU D'ORMESSON à l'occasion des JEP.


La 1e visite d'automne de la 18 e année des sorties du Hurepoix' s band a été consacrée à la découverte du château d'Ormesson sur Marne (dans le Val de Marne). Joli petit château dans un cadre très vallonné, appartenant à la famille Lefèvre d'Ormesson depuis 1630.

QUI ETAIT LA?
12 personnes étaient disponibles pour cette sortie. Tout d'abord, les amis du noyau dur d'origine (anciens collègues du lycée J Jaurès de Chatenay-Malabry et parfois leur conjoint(e) : Jean-Marie et Michelle F, Dominique et Jacques, Simone W, et Marie-Suzanne (qui nous a rejoints cette année); autres vétérans de nos sorties: Michelle et Henri G, d'une assoc de Gometz la Ville, connus à l'occasion de mon activité journalistique dans la région entre 2010 et 2019; et enfin Dominique L et Marie-Christine, amis des précédents, et qui nous rejoignent pour la 3e fois. Enfin était parmi nous notre ulissienne la plus fidèle (ou la plus en forme) : j'ai nommé Francine, de l'ex groupe du parc Nord des Ulis ! Et n'oublions pas le GO.

De g à dr: Michelle G, JM, Henri, Dominique L, Jean Marie et Michelle G, Dominique M., Marie-Suzanne, Jacques M, Francine. Il manque sur la photo Simone W et  Marie Christine.

                                                                                                      Photo: Dominique.
                                 On accède au château par une longue et belle allée d'honneur.

Et au bout de la belle allée d'honneur, premier regard sur le château.
Le château appartient à la famille d'Ormesson depuis 1630, date à laquelle André Lefèvre d'Ormesson, gendre du propriétaire d'alors, en hérite. 

                                                                                                D'après une photo de Simone.
    Très jolie allure de ce château . Façade de la partie Renaissance du château, construite en 1578 pour Louis Picot de Santeny, seigneur d'AMBOILE (nom du lieu alors), par l'architecte Baptiste Androuet du Cerceau.  Alternance de pierre et de brique caractéristique du style Henri IV/Louis XIII, Le château est de plan carré sur 3 niveaux, avec 4 tours aux angles, montées sur trompes. La symétrie à cette époque est encore approximative.

                                       Photo Simone.
Vue latérale, on aperçoit une des trompes, caractéristique de la manière de l'architecte, qui fut aussi le 1er architecte du Pont Neuf à Paris.

                                    Photo: Dominique
Vue rapprochée de ce détail architectural.

Et comme au Pont-Neuf à Paris, une figure sculptée, chargée d'éloigner paraît-il les esprits malins.

A l'arrière du premier château, côté jardin, on aperçoit l'ajout (plus pâle) du  XVIIIe siècle (1758) , réalisé par l'architecte Mathieu Le Carpentier pour la famille Lefèvre d'Ormesson, dans un style classique.

La partie classique se caractérise, elle, par un sens rigoureux de la symétrie. La famille Lefèvre d'Ormesson s'était offert avec cet ajout une façade "à la mode" de l'époque. C'est aussi à cette époque qu' Amboile est rebaptisée Ormesson lorsqu'un marquisat est créé par Louis XV. Ce nom a pour origine un ancien  château situé au nord d'Epinay sur Seine que la famille avait abandonné. Cette partie est construite sur 4 niveaux, dont 1 sous combles mansardé. Les toitures sont alors mansardées. C'est aussi à cette époque que les anciens communs et dépendances sont remplacées.

Effet miroir dans la pièce d'eau.

La princesse Bibesco, écrivaine , en visite au château lui avait donné le nom de "château-Narcisse", du fait qu'il se mire dans l'eau. (Mais entre nous, quel château n'en fait pas autant?).


Ici jolie perspective vers un petit pavillon,

Le château surplombe un décor très vallonné. En contrebas coule le Morbras, petit ruisseau affluent de la Marne, très élargi à cet endroit.
Le parc (classé) s'étend sur 140 hectares, comprenant un golf de 54 ha créé en 1925 par Wladimir d'Ormesson.
Le parc va évoluer au fil du temps: au XVIe, on avait un jardin à l'italienne, avec beaucoup de buissons; au XVIIIe, on passe à un jardin à la française avec une intervention d'André LE NOTRE; en 1870, le jardin est saccagé par les allemands. Au XXe siècle, Wladimir d'Ormesson le fait nettoyer et il prend son aspect actuel, une vaste pelouse entourée de bois, en forme de fer à cheval.

                                                                                                    Photo: Dominique L.
A gauche du château, au delà de la pièce d'eau, débute un dégagement bordé d'arbres et longé par une allée.

LA VISITE INTERIEURE:
L'obscurité des pièces et l'affluence en cette journée du patrimoine (on était 50 par visite) ne facilitait pas la prise de photos.

On entre d'abord dans un joli vestibule semi circulaire décoré de portraits d'empereurs romains (toujours ce goût de l'antiquité) et doté de fausses portes (!) .Il y a même une cheminée. Il est orné aussi de 2 beaux vases en faïence. Le sol date du XIXe siècle.

On découvre ensuite la salle à manger dont le décor très coloré est inspiré du XVIIIe siècle mais date de ...2022.

Y figure un tableau qui nous montre comment était le domaine aux XVI/XVIIes. L'église y jouxtait le château. Elle a été détruite par la suite et reconstruite un peu plus loin.


On peut y voir plusieurs portraits d'ancêtres de la famille, tel Olivier d'Ormesson ci-dessus  (1525-1600), personnage déjà très important à l'époque : membre du conseil du Roi, contrôleur général des finances et j'en passe! La famille compte une longue lignée de personnages ayant eu des fonctions importantes dans l'état.
A noter la présence aussi d'un tableau de Nattier représentant une des filles de Louis XV ( nous en reparlerons à Versailles le 10 octobre).


Puis on passe au grand salon, dont le décor date aussi de 2022. On peut y voir le buste d'un Lefèvre d'Ormesson ministre de Louis XVI, ainsi que le portrait de Wladimir d'Ormesson, le dernier de la famille à avoir habité le château (aujourd'hui seules les dépendances sont habitées), et de son épouse.

Détail du grand salon.
                             
On découvre ensuite le salon de musique, tout paré de jaune...

                                                      Photo: Dominique

                               Photo : Dominique.
Quelques vues du salon de musique.
                                 
                                                           Photo: Dominique
... et enfin l'imposante bibliothèque de Wladimir d'Ormesson. Elle comporte beaucoup de livres anciens,  des livres signés de leurs auteurs aussi, comme tel ouvrage de Marcel Pagnol , et des écrits de Wladimir d'Ormesson lui-même. Officier d'ordonnance du maréchal Lyautey, Wladimir d'Ormesson sera journaliste (au Figaro par exemple), maire d'Ormesson, ambassadeur de France, membre de l'académie française, et président de l'ORTF en 1964, avant de se retirer au château en 1973. Une 2e bibliothèque plus petite (au fond) renferme des livres plus récents.

La visite guidée se termine là. Les étages sont à découvrir en visite libre. En fait le 1er étage, l'étage des chambres, ne se visite pas. Au 2e on découvre une chapelle reconstituée récemment avec toutefois un bas relief en bois - un retable d’origine , d’une chapelle qui se serait trouvée en bas d’une des tours.

                               Photo: Simone.
Inscription située à l'entrée de la chapelle. Elle fait penser au titre d'un livre célèbre de Jean d'Ormesson, neveu de Wladimir, qui enfant a passé de nombreuses vacances dans la propriété. C'est parce qu'il s'en est souvenu qu'il a donné ce titre à son livre, me dit-on. Autre lien du domaine avec Jean d'O: c'est sur le perron du château qu'il s'est vu remettre son épée d'académicien.

                                Photo: Simone.
Petit relief ornant la chapelle.
 L’étage va être aménagé pour conserver les archives actuellement au sous -sol -dont  les minutes du procès de Fouquet numérisées aux Archives nationales, de nombreux historiens s’y sont penchés…

                               Photo: Dominique L.
Vue sur l'entrée du château depuis l'étage.

                                            Photo: Simone.
Et au delà, vue sur l'allée d'honneur.

Mme de Sévigné, parente de la famille, est venue au château, ainsi que Racine, La Fontaine, Boileau, et plus tard Diderot.

Après le décès de Wladimir d'Ormesson, son fils André (mort en 2014) a hérité du domaine, habité ensuite par sa veuve et ses petites filles. Mais le domaine est la propriété d'un société civile depuis 1962. Il est ouvert à la visite lors des JEP depuis 2015, et depuis cette année pendant les vacances d'été.