mercredi 5 avril 2023

Dimanche 2 AVRIL 2023: SORTIE NATURE AUX ETANGS DE HOLLANDE , près de Rambouillet.

 

Bonjour à toutes et tous,

14 inscrits à cette sortie, et puis 1  puis 2 défections, puis 3, puis 4, puis 5, puis 6... La plupart pour des pbs de santé inattendus (meilleure santé aux amies concernées, et rejoignez-nous bientôt!). Presque la moitié du groupe en moins. Ce n'est jamais arrivé. La 2e sortie de la 14e année du Hurepoix's band semblait maudite. J'ai vu le moment où il faudrait l'annuler. Délicat par rapport à notre guide, Laurent Chevallier, qui avait bloqué ce dimanche pour nous. Il a finalement accepté de nous prendre à 8.

 Et nous avons eu bien raison de ne pas annuler, cela aurait été dommage. Pas une goutte de pluie. Il ne faisait pas chaud, mais c'était supportable, bien couverts. Nous avons même eu un rayon de soleil en fin d'après midi. Le trajet à parcourir était limité comme prévu: en fait cela s'est concentré autour d'un des étangs, l'étang de Pourras. Pas de marche dans la forêt humide. Et surtout je crois que les participants ont appris beaucoup de choses sur nos amis à plumes. Mais aussi sur les arbres par exemple. La Nature, un sujet passionnant. Elle nous étonnera toujours!

Les participants ont visiblement apprécié la sortie.

Notre guide a apprécié, lui, l'intérêt pour la Nature et la curiosité dont les participants ont fait preuve. La sortie était donc réussie pour lui.

QUI ETAIT LA?

D'abord le noyau dur du groupe, qui a une nouvelle fois répondu présent : les anciens collègues du lycée Jean Jaurès de Chatenay Malabry et leur conjoint : Jean Marie Fabre et Michelle, Florence Poirson et Claude. Nous avons eu le grand plaisir de retrouver aussi Bénédicte Monnier, ancienne collègue de Lettres de Chatenay elle aussi, toujours en exercice, qui peut moins participer depuis quelque temps à cause de sa charge de travail, mais qui se dit partante pour quelques sorties au grand air. Thérèse de Solliers , amie de Florence,était parmi nous pour une 2e participation: bienvenue ! Francine Lalou, du groupe du parc Nord des Ulis, a maintenu sa participation bien que toutes ses amies ulissiennes aient declaré forfait. On apprécie! 

 De g à dr: Francine, Bénédicte, Claude et Florence, Thérèse, Michelle, JM, Jean-Marie. Photo prise devant le pavillon de chasse de Napoléon 1er.

                               Avec notre guide Nature Laurent Chevallier.

                                                    LA SORTIE:

Le lieu de rendez-vous était le parking de la mairie du village appelé "Les Breviaires", proche du site des étangs de Hollande.

La belle mairie-école des Bréviaires.

Finalement, on a amené nos voitures, peu nombreuses, à proximité du site des étangs.

Instrument utile en la circonstance pour voir de très près les oiseaux : la lunette d'approche apportée par le guide. Certains amis avaient aussi des jumelles. 

Le guide a commencé par nous présenter le site des étangs.

Il est constitué de 6 étangs artificiels qui s'étendent sur 5km d'est en ouest : le petit et le grand étang de Hollande, puis ceux de Bourgneuf, de Corbet, de Pourras et enfin de Saint Hubert. Ils sont séparés par des digues munies de vannes qui permettent de réguler le débit de l'eau. Il ont été construits sous Louis XIV , de 1683 à1685 , par Vauban pour alimenter les fontaines du château de Versailles.La zone culmine à 174 m. A partir de l'étang de Saint Hubert divers aqueducs et rigoles emmènent l'eau par simple gravité à Versailles via notamment l' étang des Noes , et ceux de St Quentin en Yvelines.

Notre parcours s'est limité à arpenter d'abord la digue séparant l'étang de Corbet et l'étang de Pourras, puis nous avons gagné le pont Napoléon, qui sépare l'étang de Pourras et celui de Saint Hubert, en longeant le bois de Pourras (parcours surligné en fluo orange sur la carte).

Nous nous engageons donc d'abord sur la digue qui sépare l'étang de Corbet de l'étang de Pourras. Elle est bordée de fortes haies. En chemin, nous avons déjà aperçu plusieurs hérons en vol.

Ici des feuilles naissantes d'aubépine.

Une trouée dans la haie, au niveau des vannes, va nous permettre de découvrir l'étang de Pourras.

Vue de l'étang de Pourras. Son niveau d'eau est anormalement bas en raison de la relative sécheresse de cet hiver. Il est encombré de larges surfaces de roseaux. On a pu apercevoir quelques nenuphars.

Au loin, 2 cygnes et, perché, un grand cormoran.

En ce moment, il a son plumage nuptial, reconnaissable à la crète blanche et à une tache blanche aux flancs . On ne distingue pas les couleurs ici. Cet oiseau fait concurrence aux pêcheurs, qui ne l'apprécient pas.

A l'arrière plan, le pont Napoléon sépare l'étang de Pourras de l'étang de Saint Hubert. Là pas de vanne pour régler le débit, l'eau circule librement d'un étang à l'autre .

Tiens, un couple de grèbes huppés ! Leur nombre est en diminution, nous dit le guide. 

Nous avons aussi aperçu au loin des canards souchets, reconnaissables à leur long et large bec en spatule, des canards chipeaux, un petit grèbe castagneux qui a vite plongé. Nous avons entendu un pouillot fitis et, je crois, un geai des chênes. Le guide nous a parlé de la fauvette à tête noire, tout juste remontée d'Afrique. 

CE QUE NOTRE GUIDE NOUS A DIT:

Nos amis ont appris la différence entre les canards de surface (colverts par exemple) qui se contentent d'attraper algues ou herbes en plongeant la tête dans l'eau avec le derrière en l'air, et les canards plongeurs , capables d'aller chercher leur nourriture dans la vase du fond à 2 à 5m de profondeur. Ils ont appris avec étonnement que le canard souchet , lui, filtre les micro organismes à la surface de l'eau en tenant le bec légèrement ouvert, car il est doté de fanons. Il fait aller sa tete à gauche et à droite successivement en avançant.



 Le guide nous a aussi  expliqué que les oiseaux au bec fin (fauvette à tête noire par exemple) se nourrissent d'insectes, et que ceux qui ont un bec gros et court sont des granivores (gros bec casse noyau par exemple, qui casse le noyau pour récupérer l'amande, ou bec croisé qui arrive à ouvrir les écailles d' une pomme de pin pour en tirer la graine intérieure). Il y aurait au total 500 espèces d'oiseaux. Seul le mâle chante, pour attirer une femelle ou marquer son territoire.

 Et savez-vous pourquoi la plupart des canards mâles ont un plumage coloré tandis que les femelles ont un plumage terne? Car les premiers doivent SEDUIRE la femelle par leur belle apparence, ils effectuent ce qu'on appelle la PARADE sexuelle. Et ce sont les femelles qui choisissent ! Tandis que les femelles doivent se fondre dans la végétation pour ne pas être repérées quand elles sont sur le nid. C'est valable aussi pour d'autres espèces d'oiseaux.

Au dessus de l'étang de Corbet , nous avons aperçu les premières hirondelles rustiques revenues d'Afrique. Comme tous les migrateurs, elles reviennent en Europe pour nicher. Les oiseaux ne reviennent pas tous en même temps. Certaines espèces comme le pouillot fitis ou la fauvette sont de retour en mars, d'autres s'attardent davantage et ne remontent qu'en mai. Notre guide nous a aussi parlé du martinet noir, oiseau de l'été, taillé pour le vol: il fait tout en vol  : dormir, manger, se reproduire. Il ne se pose que pour le nid. Il vole à 100/110 km/h.

Nous partons à présent pour le pont Napoléon...

Pour cela nous contournons sur environ 1 km le bois de Pourras (voir la carte) par un chemin assez bourbeux, mais nous avions été prévenus...! Le sol ici est en effet très argileux, il retient l'eau.

Eh bien, la bonne humeur règne dirait-on?
En chemin, nous avons entendu le chant d' un pouillot veloce et le cri d'un faisan dans les champs.

Au loin, on aperçoit de paisibles bovins. 

Allez, l'arrière garde !

Ici un calvaire: la croix Vaudin, qui a donné son nom au chemin que nous venons d'emprunter.

Ici nous avons un peu parlé ARBRES:

Un bel arbre !
Si les branchages de cet arbre se développent harmonieusement , c'est qu'il est dans un endroit dégagé, avec donc de la lumière de tous côtés. L'arbre a besoin de lumière et la cherche.

En revanche, l'arbre que nous voyons au bord du chemin n'a des branches que d'un seul côté, car la lumière est à droite, et non du côté du bois.

Dans le bois, les arbres cherchent la lumière au dessus de celui-ci , et donc ont tendance à s'étirer en hauteur. Souvent, il n'y a pas de branches sur une grande hauteur, ce qui facilite le travail des bucherons.

SUR LE PONT NAPOLEON:
A l'approche du pont, nous avons entendu le gazouillis d' un roitelet triple bandeau, le plus petit des passereaux: il mesure 8 cm, et pèse 4 grammes ( le rouge gorge pèse lui 15 à 17g). Nous avons aperçu une grande aigrette perchée sur le pont. 
Nous voici sur le pont, entre l'étang de Pourras (à gauche) et l'étang de Saint Hubert (à droite).

Vue de l'étang de Pourras depuis le pont Napoléon.

Nous avons aperçu 3 belles aigrettes garzettes, que la longue vue du guide a permis aux amis de voir de près. Nous avons aperçu quelques mouettes rieuses , munies du petit capuchon brun de leur plumage nuptial, et plusieurs sternes pierregarins , plus fines et élégantes.

Nous avons aperçu encore quelques hirondelles rustiques.

Chaque fois qu'il nous parle d'un oiseau, le guide nous en montre l'image dans un livre qu'il a apporté avec lui. Nos amis semblent passionnés!
Nous avons entendu  un pic épeiche (vraisemblablement) martelant du bois mort, d'où un son plus sonore. Il le fait pour marquer son territoire.On peut identifier un pic par la façon dont il tape sur le bois: le pic noir, le plus gros des pics, tape plus lentement, le pic epeichette, le plus petit, tape plus rapidement. 
Nous avons remarqué aussi un couple de bergeronnettes grises qui batifolait à quelques pas de nous.

LE CHATEAU SAINT HUBERT:
A proximité de l'étang du même nom s'élevait autrefois le château Saint Hubert (voir l'emplacement sur la carte), dont il ne reste que la terrasse.Il s'agit au départ d'un pavillon de chasse édifié pour Louis XV , à partir de 1755, par l'architecte Gabriel. Au fil du temps, le roi le fait agrandir de plus en plus, et il devient un véritable château comportant 150 appartements ! Louis XVI le délaisse et il tombe peu à peu en ruines. Il est finalement détruit en 1855.
Enrichis de toutes ces nouvelles connaissances, nous rebroussons à présent chemin.

Au bout de la perspective du pont Napoléon s'élève le pavillon de chasse de Napoléon 1er.

Construit en 1808, il est, lui, de taille modeste. Il ne reste que la partie centrale. Il y avait deux petites ailes attenantes. Dès 1855, il était tombé en ruines. L'ensemble est cependant classé. L'endroit se prêtait bien à la traditionnelle photo de groupe!

De retour aux voitures, nous nous sommes longuement attardés pour discuter avec Laurent Chevallier, par exemple de l'impact de la chasse sur la biodiversité. Un rayon de soleil tardif est alors venu éclairer cet ultime et sympathique moment. 

* A voir ci-dessous les oiseaux que nous avons vus ou aperçus, entendus, ou ceux dont nous a parlé le guide. Les photos proviennent de mes archives photographiques (clichés pris au parc Nord des Ulis ou à Saclay) ou à défaut d'internet.

LES OISEAUX QUE NOUS AVONS  VUS OU APERCUS : 

Héron cendré.

Cygnes tuberculés.

Grand cormoran en plumage nuptial (crête marquée de blanc et tache blanche au flanc).

Grèbe huppé.

Grèbe castagneux. De petite taille, il plonge sans cesse et est difficilement repérable. Ici il est en plumage nuptial, de couleur chataigne. En période internuptiale, sa couleur est chamois.

Canard souchet mâle, au fort bec en spatule, qui lui permet de se nourrir en filtrant les micros organismes présents à la surface de l'eau grâce à ses fanons. Il arbore ici le beau plumage nuptial qui lui permet de séduire la femelle . Hors période nuptiale, il est terne comme la femelle.

Canard souchet femelle, au plumage terne, qui lui permet d'échapper aux regards et donc aux dangers quand elle couve. Son oeil est marron alors que celui du mal est clair.

Canards chipeaux (2 mâles et une femelle). Ce sont des canards de surface, comme les colverts.

Grande aigrette (bec jaune).

Aigrette garzette , bec noir, de plus petite taille.

Mouette rieuse, en plumage nuptial (capuchon brun).

Mouette rieuse en plumage internuptial.

Sterne pierregarin.

Hirondelle rustique (gorge rouge caractéristique) actuellement de retour d'Afrique. Elle se nourrit en attrapant les insectes en vol.

Bergeronnette grise nourrissant son petit.

Photos: JMS.

LES OISEAUX QUE NOUS AVONS ENTENDUS : 
*quelques oiseaux à bec fin qui reviennent d'Afrique au début du printemps :

Le roitelet triple bandeau ( photo internet).
Ce joli oiseau est le plus petit des passereaux d'Europe: il mesure 8 cm, et pèse 4 grammes ( le rouge gorge par exemple pèse lui 15 à 17g).

Pouillot veloce.

Pouillot fitis (photo de Louis Ernest Pancrate). La différence avec le veloce est ténue!

Fauvette à tête noire.

* AUTRES OISEAUX: 

Pic épeiche: on le repère par le son de ses frappes sur le bois, destinées à marquer son territoire. Le mâle a une calotte rouge à l'arrière du crâne.

Geai des chênes. Il se nourrit de glands.

Faisan commun.

Photos: JMS (sauf le pouillot fitis).


NOTRE GUIDE NOUS A AUSSI PARLE DES OISEAUX SUIVANTS :

LE GROS BEC CASSE NOYAUX :

Son bec court et fort lui permet de casser un noyau pour récupérer l'amande.

LE BEC CROISE DES SAPINS:

Avec son bec particulier, il parvient à entrouvrir les écailles d'une pomme de pins pour en extraire l'intérieur.

( photos internet).

LE MARTINET NOIR:

Reconnaissable à ses ailes en forme de faux. Photo: JMS.
Oiseau de l'été, taillé pour le vol: il fait tout en vol  : dormir, manger, se reproduire. Il ne se pose que pour le nid. Il vole à 100/110 km/h.

LE PIC NOIR:

Le plus gros des pics. A le rythme de frappes le plus lent.

LE PIC EPEICHETTE :

Le plus petit des pics. Rythme de frappes rapide.
( photos internet).

UN EXEMPLE DE CANARDS PLONGEURS:

Les fuligules morillons (ici 2 mâles et 1 femelle).
Les canards plongeurs sont  capables d'aller chercher leur nourriture dans la vase du fond à 2 à 5m de profondeur.

Photo archives JMS.

COMME LA NATURE EST ETONNANTE ET MERVEILLEUSE, NON ?


 


























































dimanche 26 mars 2023

19 MARS 2023 : VISITE GUIDEE DU CHATEAU DE SAINT JEAN DE BEAUREGARD ET DU COLOMBIER ET DECOUVERTE DU POTAGER FLEURI.

Pour cette 1e sortie de la 14e année des visites et randonnées du Hurepoix's band, le temps était maussade, parfois pluvieux. Mais il n'a pas véritablement nui à notre visite. 

La guide prévue étant tombée malade, c'est le propriétaire lui-même, François de Curel, descendant d'une grande famille aristocratique, les Riquet de Caraman, qui a assuré la visite. Du temps que je faisais des reportages pour le Républicain de l'Essonne, on me confiait toujours ceux qui concernaient les fêtes des plantes et autres manifestations organisées dans le domaine, et je connaissais donc M. de Curel, qui  a eu la gentillesse de nous offrir la visite. Nous avons décidé de faire don de la somme prévue pour la guide à l'association des Amis du château.

Notre visite s'est déroulée le jour de la réouverture du château.

QUI ETAIT LA?

Tout d'abord, les historiques, qui participent à nos sorties depuis le début du HB : mes anciens collègues du lycée Jean Jaurès de Chatenay-Malabry et parfois leurs conjoints : Jean Marie Fabre (maths) et Michelle son épouse; Florence Poirson (ancienne collègue de Lettres) et Claude; Dominique Michel (Lettres) et Jacques; Jeanine Monteil (maths). Sylvie Geslot , qui nous a rejoints fidèlement depuis quelques années, et Thérèse de Solliers (ancienne enseignante aussi), que nous accueillons parmi nous pour la première fois, sont des amies de Florence.J'ai connu Michèle Guillaume et son mari Henri à l'occasion de mes reportages pour Le Républicain : ils sont membres d'une association patrimoniale de Gometz la Ville et participent depuis longtemps à nos sorties. Et puis, quelques amies du " groupe  du parc Nord des Ulis", habituées de nos sorties depuis quelques années, étaient là aussi : Francine Lalou et Odile Marteau, les inséparables, Michèle Lebedel (ancienne institutrice qui a longtemps exercé à Chatenay Malabry) et Yvette Roussel (ancienne institutrice aussi - le corps enseignant est donc bien représenté). Nous étions donc 16, un bon groupe de visite...

       De gauche à droite: Francine, Michèle L, Jeanine, Michelle G, Florence, Henri, Michelle F, Jacques, Claude, Sylvie, M. de Curel, JM, Thérèse, Dominique, Jean-Marie, Odile. Yvette prend la photo.
                                      Et sur cette photo, 2e en partant de la droite: Yvette.

                                                                  LA VISITE :

Cela a commencé par une traversée du parc sous parapluies pour gagner le château...

M. de Curel nous a d'abord amenés à l'arrière du château pour nous faire admirer la vue qui se déploie de là. Occasion de constater que le château est construit sur un promontoire qui domine la région. D'où le nom d'origine du site, Montfaucon (référence à l'oiseau de proie qui se perche en hauteur pour repérer ses proies). 

Notre guide nous a fait aussi un petit historique du domaine.

Vue arrière du château.
(Photos archives JMS).
Le château a été construit en 1612 pour François Dupoux, conseiller du roi Louis XIII en remplacement des ruines du château médiéval de Montfaucon. Le site change de nom: Montfaucon (qui évoque un sinistre gibet parisien) est remplacé par Beauregard - référence à la vaste vue qui se déploie sur les bois et la campagne depuis les fenêtres du château en direction de Montlhéry. La construction du château s'étend sur 25 années. Certains ajouts à la première construction seront donc apportés ultérieurement.

En contrebas de la façade orientée vers les bois et la campagne , un petit jardin à la française se déploie. En mars, il n'est pas encore fleuri. Une orangerie se dissimule aussi plus bas.

Nous observons ensuite la façade principale, surmontée d'un toit à la française. Nous apprenons qu'à l'origine l'entourage des fenêtres était en brique rouge, élément caractéristique du style Louis XIII, mais qu'ensuite la brique a été recouverte par un enduit. Le reste du bâtiment, dans sa partie centrale, est en grès. Les grandes baies vitrées au rez de chaussée sont plus récentes. Leur forme en anse de panier évoque plutôt le règne de Louis XIV.

LA VISITE DU CHATEAU:
Les photos n'étant pas autorisées à l'intérieur, on n'en verra rien.
Après François Dupoux , le château connaît différents propriétaires, et en 1879 il est acquis par le comte Riquet de Caraman, dont les propriétaires actuels , la famille de Curel, sont les héritiers.
Après avoir découvert l'escalier d'honneur d'époque Louis XVI, orné de portraits de membres illustres de la famille de Caraman, on visite plusieurs pièces du rez- de chaussée en enfilade, disposition caractéristique du XVIIe siècle :  un vestibule, orné par des portraits de la duchesse de Padoue , née de Montesquiou, et de sa fille *, un magnifique salon 18e traversant très lumineux, orné de fresques neoclassiques, depuis lequel se déploie la vue vers Montlhéry sur 40 km; une salle à manger 18e, un salon vert du 18e aussi, une bibliothèque du 19e contenant 4000 ouvrages, qui sert aussi de  salle de billard ou fumoir réservé aux hommes. On découvre des pièces d'ameublement diverses , et des portraits ou documents liés à la famille de Caraman, que notre guide nous a commentés savamment.
* L'épouse du comte Riquet de Caraman était la fille du 2e duc de Padoue, propriétaire du château de Courson.
QUELQUES FIGURES MARQUANTES DE LA FAMILLE DE CARAMAN:

Pierre-Paul Riquet (1609-1680)
Receveur des gabelles en Languedoc, il conçut et réalisa (en partie à ses frais) le canal du midi avec l'accord de Colbert et fut annobli en 1666.

Victor-Maurice, comte de Caraman (1727-1807).
Arrière petit-fils du précédent, 4e comte de Caraman. Lieutenant général du Languedoc en 1775 et lieutenant général des armées en 1780.
Engagé dans l'armée à 13 ans, il est capitaine à 15 ans, et colonel à 25 ans. Proche de la famille royale, il conçut un parc à l'anglaise autour de son château de Roissy (emplacement actuel de l'aéroport). Marie Antoinette, favorablement impressionnée par cette réalisation fit appel à lui pour dessiner les jardins du hameau de la Reine.
Un de ses fils,  Maurice Gabriel de Riquet, baron de Caraman (1765- 1865) servit un temps Napoléon 1er . On peut voir au château un rare document : une lettre de Napoléon, en 1814, au moment de son abdication, à celui qui était alors son officier d'ordonnance, le remerciant de ses services.
Louis-Charles -Victor Riquet de Caraman, 1er duc de Caraman (1815-1839).
Fils de Victor-Maurice et frère aîné de Maurice Gabriel , il fit une carrière de diplomate, et fut notamment ambassadeur en Autriche. En 1828, il reçoit le titre de duc pour les services rendus à l'état. On peut voir au château des cadeaux à lui offerts par l'Empereur d'Autriche.

(PHOTOS INTERNET).

SUITE DE LA VISITE:

Derrière cette superbe grille d'honneur du XVIIe s, se déploie sur 1km et demi l'ancienne allée d'honneur, bordée de tilleuls, qui menait au château. Elle est classée aux Monuments historiques. Cet accès au domaine a été abandonné au profit d'une nouvelle entrée du côté du village (photo archives jms).


Le pigeonnier du XIII e siècle serait le plus grand d'Ile de France. Haut de 13 m, il comporte 4500 boulins (cavités abritant chacune un couple de pigeons). Le nombre de boulins reflètait l'importance du domaine (2000 ha à l'origine). On consommait la viande des pigeons , et leurs excréments (la colombine) servaient d'engrais pour le vaste domaine agricole entourant le château .

Un dispositif en bois tournant flanqué d'échelles sur les côtés permettait d'accéder aux boulins pour les nettoyer. La gestion du colombier occupait 2 hommes à temps complet (Photo: Michelle Guillaume)

Autre vue de ce dispositif (Photo: Claude Poirson).

Petite observation extérieure: les ouvertures permettant aux pigeons d'entrer dans le colombier et d'en sortir étaient fermées au moment des semis.Les volatiles étaient donc enfermés. On remarque une sorte de cerclage qui fait le tour de l'édifice à mi hauteur: il était destiné à empêcher les rongeurs de grimper. On badigeonnait de chaux le bâtiment pour éviter les maladies.

Les communs prolongent le château sur sa gauche (Photo: Michèle Lebedel).

Mentionnons aussi les belles écuries bien conservées (Photo: Michèle Lebedel).

Vue rapprochée (Photo: Michèle Lebedel).

Le site comprend aussi une glacière et la chapelle Saint Jean (en plus de la chapelle intégrée dans le château) qui sert d'église au village. Et un vaste parc largement boisé. Et bien sûr le potager fleuri.

A LA DECOUVERTE DU POTAGER FLEURI:
Nous avons ensuite visité librement le fameux potager fleuri "à la française" du domaine. Il s'étend sur 2 hectares. Il est typique des potagers du XVIIe siècle, qui sont rares à avoir survécu. Il permettait à une dizaine de personnes de vivre en autarcie. Ses caractéristiques : il est clos de murs; il mêle fruits, légumes et fleurs. Il est conçu de façon très géométrique : à partir du bassin central, 4 allées rayonnent, déterminant 4  carrés. Chaque carré est bordé d'arbres fruitiers en espalier. Chaque carré enfin est divisé en 4 parcelles de légumes entourées de fleurs de saison. Il est complété par un beau verger. Des serres à raisin y sont installées et des "sauts de loup" (fossés remplis d'eau) empêchent les grands animaux d'accéder au jardin.
En mars la jonquille et le narcisse dominent. Les autres plates bandes de fleurs viennent tout juste d'être plantées.
Ce jardin a été classé aux Monuments historiques en 1993, et promu "jardin remarquable" en 2005. 

Plates bandes le long du mur de cloture.

C'est parti pour une agréable visite...

On aperçoit au fond le verger.

Fleurs au bord du verger (Photo: Michelle Guillaume).



                                                                 Fleurs parmi les fleurs.

Une des grandes allées qui convergent vers le bassin central.

Le bassin central. Photo: Claude Poirson.

Photo : Michele Lebedel.

Echappée fleurie au delà d'un des "sauts de loup" du jardin.

Aperçu du mur d'enceinte et des arbres en espalier qui closent chaque carré.

On voit bien ici la division d'un carré en 4 parcelles de légumes.

Parcelles de légumes, et au fond: les serres à raisin.

Parterre de fleurs et arbre en espalier au bord d'un des carrés (photo: Claude Poirson).

On découvre ici une chambre de conservation du raisin qui utilise un procédé mis au point à Thomery (il y en avait une, rappelez-vous, chez Rosa Bonheur).

Il s'agit d'un procédé permettant au raisin de garder toute sa fraîcheur pendant 6 mois. Voici l'explication:

Photos: Michelle Guillaume.

Sur le chemin du retour:

Quelques jolies fleurs encore au passage.




UN PETIT POINT SUR LA FAMILLE DE CARAMAN :

. En 1879, donc Georges Riquet de Caraman (1845-1931) et son épouse Marie Adèle Henriette née Arrighi de Casanova de Padoue (fille du 2e duc de Padoue, propriétaire du château de Courson) achètent le domaine de Saint-Jean de Beauregard.
. La famille Riquet de Caraman, d'origine languedocienne, a été anoblie au XVIIe siècle, en 1666. Pierre- Paul Riquet (1609-1680 ) s'était illustré en construisant le canal du midi.

. En 1888, à la mort du 2e duc de Padoue, le comte Georges Riquet de Caraman et son épouse héritent du domaine de Courson.

A ce moment là, cette famille est propriétaire des 2 châteaux (Courson et Saint-Jean de Beauregard).

 Les familles propriétaires actuelles de ces châteaux descendent toutes deux de Georges Riquet de Caraman et son épouse.

. UN PETIT POINT SUR LES DUCS DE PADOUE:

. Le titre de duc de Padoue a été attribué par Napoléon à un de ses cousins corses le général Jean-Toussaint Arrighi de Casanova (1778-1853). 
. En 1844, par mariage, il devient propriétaire du château de Courson. Son fils Ernest, 2e duc de Padoue, hérite de ce château en 1853. Jusqu'à ce que George Riquet de Caraman, époux de la fille d'Ernest, en devienne propriétaire à son tour en 1888.

FIN.

A bientôt la suite de nos aventures en Hurepoix ou au delà...